Archives mensuelles : janvier 2008

Opéra : Schwanensee

Il y a à l’opéra de Munich (en face d’un resto dont je parlerai un jour) en ce moment une représentation de Schwanensee (le lac des cygnes), au moins jusqu’en mars.

Je l’ai vu : c’est super !

L’histoire en allemand ici.
En gros, c’est l’histoire d’un mec qui ne s’appelle pas Roméo (puisqu’il s’appelle Siegfried, comme chez Wagner) et d’une fille qui s’appelle pas Juliette (c’est Odette, ça fait un peu vieux comme prénom). En plus, il y a un gros méchant (Von Rothbart) qui a trop lu Harry Potter et décide qu’il a le droit de transformer Odette en cygne.

Donc :
– Odette danse très bien, habillée en cygne, et elle agite les bras comme pour voler, si bien qu’on a vraiment l’impression par moments que c’est un oiseau.
– Siegfried avait la migraine pendant toute la pièce : le danseur se prenait la tête entre la main chaque fois que quelque chose va pas. Par exemple si sa mère l’oblige de danser (= se marier à l’époque) avec une fille qui lui plait pas ; s’il voit le gros méchant qui danse mieux que lui, et il trouve que c’est pas juste (car le gentil doit être plus fort dans les contes de fée) ; s’il est seul sur la piste, il aime pas la solitude.
– le cousin de Siegfried danse aussi très bien. Il est capable de sauter très haut et de faire clap – clap avec les pieds (il parait que les meilleurs font trois fois).
– Le méchant a vraiment l’air méchant (mais il danse bien quand même) avec sa barbe et ses habits noirs. D’ailleurs, il danse mieux que Siegfried, alors il gagne la nana.

Sinon :
– décors et costumes très jolis
– musique, rien à redire, donc très bien
– les gens applaudissaient par contre un peu n’importe quand, mais il parait que c’est normal. Moi, je ne sais pas, c’était mon premier ballet (enfin je crois que j’en ai vu d’autres quand j’étais klein)

A la fin, le héros meurt, et la nana aussi. Voilà, comme ça vous savez.

Dosenöffner, déformation professionnelle

Tout nouveau à Munich, j’ai dû équiper la cuisine rapidement. Ayant besoin d’un Dosenöffner (ouvre-boite), j’ai pris le moins cher que j’ai trouvé, et j’étais déjà pas content à la base car il avait l’air trop compliqué. Le voici :


La première fois, c’était un peu dur de comprendre comment ça marche. La deuxième fois, il a marché pas trop mal, et la troisième fois pas du tout. Je l’ai sali, laissé trempé dans l’eau, et en plus d’être nul, il a rouillé.

Je suis donc retourné à mon magasin favori (Tengelmann) pour approfondir la question. Je vois alors 5 modèles, qui ont l’air tous plus compliqués les uns que les autres. Réflexion : quitte à avoir un ouvre-boite nul qui ne marche pas, autant qu’il reste propre et ne rouille pas. En lisant un peu, il n’y en a qu’un où je vois qu’il est rostfrei (antirouille). C’est aussi le plus cher (8 euros !) et le plus gros, mais je le prends quand même. Voici (je crois que c’est le même):


En plus d’être rostfrei, il y a tout un tas d’infos impressionnantes écrites sur l’emballage :
– garantie 5 ans
– peut ouvrir les boites de conserves sans faire des bords pointus
– facile à utiliser
– grâce à un système breveté, ça ouvre les boites facilement et en toute sécurité (oui oui, ils ont déjà dit que c’était facile à la phrase d’avant)
– le couvercle se laisse facilement (encore !) enlever grâce au Deckelzange (je ne sais pas ce que c’est)
– le secret de l’invention : le bord coupant traverse exactement le bord du couvercle et arrondit en même temps le bord coupé.

Ouais bon, on comprend rien, et ils ont beau dire que c’est facile, il n’y a pas d’explication (comme quoi, même avec un doctorat, on n’est toujours pas capable de comprendre les trucs les plus cons)

C’est là où intervient la déformation professionnelle : brevet, je tilte, je cherche le numéro du brevet. Il n’est pas sur l’emballage, mais directement sur l’ouvre-boite (écrit en blanc sur blanc), et je suis gâté, il y a 4 numéros de brevets.

Google Patent est mon ami, voici le brevet.
Figure 1 et 2 : un joli dessin plus vrai que nature, recto et verso de l’engin
Figure 3 : instructions de démontage ?
Figures blabla
Figure 19a : voilà comment ça coupe la conserve, ça a l’air de couper l’extérieur. Je savais pas que les couvercles de conserves sont en fait repliés comme ça (et apparemment d’une épaisseur standard)
Figure 17 : une fois le couvercle découpé tout autour, pas question de le retirer à la main, il y a une mini pince cachée sur l’engin pour l’enlever.
Apparemment, je lis qu’il y a même une fonction cachée « […] the can opener also includes a bottle opener portion and a blade portion which can be used as a wedge to facilitate separation of a lid from a box », mais j’ai pas compris où c’est.

Voilà, reste que tout cela à l’air bien compliqué, mais j’ai hâte de l’essayer.

PS : moi, tout ce que je cherchais, c’est l’ouvre-boite le plus simple de l’univers, c’est-à-dire :

Radio Arabella

En sortant du train, un mec avec un micro m’a sauté dessus.

Comme le micro était bleu et énorme, et qu’il n’avait personne avec lui (pas de caméra), je me suis dit que c’était une blague. En fait, c’était une radio (donc pas de caméra…) et il y avait un fil qui allait du micro vers son sac à dos.

Pendant ce temps, j’ai donné le meilleur de moi-même dans une interview exceptionnelle.

Mec: – Grüss Gott! Kommen Sie aus Paris?
Moi: – Ja.
Mec: – Also, wie war der Fahrt?
Moi: -Gut.
Mec: -… (genre il attendait que j’en dise plus)
Moi: -Wer sind Sie bitte?
Mec: – Wir sind Radio Arabella, eine Radio von München.
Moi: -Ich kenne es nicht.
Mec: – blablabla (je ne sais les mots exacts, ça voulait dire qu’il faisait une interview sur le TGV)
Moi: j’écoute, patiemment
Mec: – Also, warum?
Moi: – Warum was?
Mec: – Warum war der Fahrt « gut »?
Moi: – … (déjà, je ne suis pas un très fin philosophe pour répondre à ce genre de questions en français, mais alors en allemand, ben c’est pas mieux)
Mec: – …
Moi: – Ich kann nicht sehr gut Deutsch, entschuldigung. (ma version polie pour dire « tu me fais chmire avec tes questions »)
Mec: – Ok, tschüss

Point positif : j’ai tout compris à ce que le mec a raconté (ce qui veut dire qu’il parlait haut-allemand)

Point négatif : je crois pas que je serai sélectionné pour être diffusé à la radio. Ceci dit, vu que j’étais presque le seul à aller jusqu’à Munich, je sais pas si il a pu trouver quelqu’un de plus loquace (n’importe qui d’autre en fait).

PS: 100,8 MHz, mais il faut être à Munich pour l’écouter et j’ai pas de radio.

Paris-Munich, 1ère classe

J’ai maintenant pu expérimenter le train direct Paris-Munich en 2ème et en 1ère classe. Voici mes impressions :

1. Temps de trajet

On paye plus cher, mais on ne voyage pas plus vite.

Dans les deux cas, le train part à 15h24 à Paris et arrive à 21h40 à Munich, soit 6h16 de transport. Il est prévu encore des travaux sur la partie française qui
devraient faire gagner 20 minutes d’ici 2010, et des travaux en Allemagne, pour gagner quelque chose comme 2h (2010 aussi il me semble).

2. Prix

Avec la carte 12-25, j’ai 50%, soit un billet à 104.5 euros en 1ere classe, 72?? euros en 2ème.

3. Manger

Il y a aussi un plateau repas inclu dans le prix qui n’est pas en 2ème. C’est un peu meilleur que dans les avions (Air France), mais le principe est le même.

Tout le monde n’a pas le droit de manger. Il y en a qui ont seulement le droit de me regarder. En effet, le repas n’est offert qu’à ceux qui traversent la frontière, sauf ceux qui font simplement Strassbourg-Karlsruhe, car en 30 minutes, on n’a pas le temps de manger (et c’est même pas la peine de prendre une première classe pour 30 minutes, sauf en touriste)

4. Café

Par contre, le café n’est pas gratuit, c’est même plutôt cher (2.3 euros) et le gout est normal rien d’exceptionnel. (Exception, il y a un café inclus dans le repas, donc gratuit, le gout est le même) La différence avec la 2ème est que sur la partie française quelqu’un passe dans les rangs pour offrir le café et remporter les déchets, en 2ème, il faut aller au bar (c’est bien, car ça fait se lever, mais c’est toujour bondé). Sur la partie allemande, quelqu’un passe dans les rangs également en 2ème.

5. Confort

En 1ère classe, il y a parfois un mec qui s’occupe d’aider les gens à mettre leurs valises. Personne cette fois.

Les sièges sont plus larges en 1ère, puisqu’il y en a 3 dans la largeur du train au lieu de 4. ça permet d’avoir une place tout seul qui fait à la fois fenêtre et couloir, sans voisin pour gêner (ou ronfler, puer, téléphoner, parler) et on peut se lever quand on veut. La largeur des sièges est suffisante pour mes épaules alors qu’en 2ème, c’est vraiment juste, et pas confortable quand on reste plusieurs heures.

J’ai l’impression que le siège est mieux rembourré, mais pas sûr.

Le bouton remonte dossier est électrique (manuel en 2ème), ouaaaaaah le luxe !

6. électricité

Il y a toujours une prise d’électricité en 1ère. En 2ème, on n’en a que si on est sur les places pour 4, où il y a 1 (ou 2?) prises pour 4.

Par contre, parfois le courant n’est plus là, je ne sais pas trop pourquoi donc.

7. Couleur

Le siège moche (1 siège sur 10 est d’une autre couleur, car un grand dessinateur de mode en a décidé ainsi) est vert en 1ère, et orange en 2ème.

8. Climatisation

été comme hiver, 1ère comme 2ème, elle est trop forte.

Resto: Weisses Brauhaus

Weisses Brauhaus (La brasserie blanche) est située en centre ville, pas loin de Marienplatz, à Tal 7, surement le plus court nom de rue de Munich. Nous sommes allé là le 1er janvier au soir au lieu du 31. Au départ, c’était un hasard, car le resto était plein pour le 31 au soir, comme tous les autres restos que nous avons essayé. Finalement, c’est pas plus mal, car l’interdiction de fumer a commencé le 1er janvier et était respecté (je peux remettre mes vêtements le lendemain !).

Quand nous somme arrivé devant le resto, il y avait une troupe inhabituelle devant la porte : c’était les fumeurs.
Dans le resto, une femme attend pour diriger les gens (ce qui est assez rare dans les restos que j’ai vu pour le moment…) elle nous dit « c’est par là-bas » (bon, déjà notre réservation a été prise en compte). Le resto est immense, et on ne trouve pas la place tout de suite (la femme n’a pas pris la peine de nous accompagner jusqu’à la table) : il y a une grande salle de resto, puis un bar, puis encore une salle de resto, et apparemment encore une autre à l’étage.

Des clients viennent juste de quitter notre table. On dirait que c’est une pratique courante de mettre des personnes sur des tables réservées en leur disant de manger vite avant que les réservateurs n’arrivent. C’est une petite table rustique (ouille les fesses), bien cachée derrière des manteaux (et à la fin, aussi par une chaise, je ne sais pas trop ce qu’elle faisait là).

La nourriture était très bonne, spéciale pour le nouvel an.

Moi : Diana Suppe (soupe avec des boules-de-pommes-de-terre-au-lardon), puis Spanferkelfilet mit Cognacsosse (un porcelet sauce cognac) avec des Spätzle faits maisons+salade et en dessert, Lebkuchenscheiterhaufen : un bucher de pain d’épice (juste du pain d’épice chaud, pas de structure artistique comme on avait imaginé).
La serveuse ne parle pas très bien : au lieu de Lebkuchen (pain d’épice), elle a dit Leberkuchen (gâteau de foie… (note : les anglais en mangent vraiment)). Le bon plat est arrivé quand même dans l’assiette.

D. : Viktualienmarktsalat (une salade énorme), puis Hirschbraten mit Preiselbeersosse (du cerf avec sauce aux baies rouges), et une grosse plâtrée de Spätzle.

Après tout ça, ben il faut payer, et c’est là que ça se gâte, car leur lecteur de carte est kaputt. Pas très malin dans un resto où les plats sont chers… Heureusement, je me suis allemandisé depuis que j’ai vu que ma carte visa n’est pas valable partout, et j’ai toujours pas mal de liquide sur moi (même si maintenant, j’ai une carte allemande qui fonctionne dans les lecteurs de carte dékaputtisés).

Comme la carte ne marchait pas, j’ai voulu me débarrasser de mes petits centimes pour me venger, mais la nana a refusé. C’est la deuxième fois qu’on me fait le coup… La prochaine fois, je sors un billet de cent à la place, et ça lui fera les pieds de compter la monnaie à rendre (ou alors je pose l’argent et pars en courant. ça peut marcher dans un café, mais pas dans un resto).

En résumé quand même, c’était très bon et super copieux, et c’est quand même bien quand on réserve une place et que ça marche (contrairement à Spatenhaus am Oper).