Archives mensuelles : mai 2009

Des pâtisseries françaises à Munich

Quand on me demande ce qui me manque à Munich, je dis « rien ». Car finalement, je ne suis pas difficile, pas nostalgique et content partout. Mais, si on insiste, je dirais que ce sont les pâtisseries françaises qui manquent. Il y a bien une mini pâtisserie française à côté de chez moi, mais les prix sont orbitants (ils font grossir les orbites oculaires, et j’ai encore deux yeux, alors je ne peux pas dire exorbitants), et le choix est rikiki (des croissants, des pains au chocolat et des mille-feuilles, et des emplacements vides pour faire penser au client qu’il y a plein de choses qui ont été vendues, mais j’ai fait mon enquête plusieurs fois à des heures différentes, alors je sais que c’est du bluff).

Or donc, en me promenant dans la gare de Munich, j’ai vu qu’un Brioche Dorée vient d’ouvrir (devant les trains longues distances, au milieu, vers la sortie Arnulf). Illico presto, j’y vais acheter un flan. Ils ont plein de choses, à prix raisonnables, un peu plus cher qu’en France quand même : des croissants (1,3€), des pains au choco (1,4€), des milles-feuilles, des éclairs (2,1€), des flans natures (2,5€) et des tartelettes à différents parfums.

Voici le flan (accompagné d’un latte macchiatto de ma vollautomat, et de deux fraises de mon balcon, qui me donne environ 4 fraises par semaine, très très bonnes, mais si petites…) :


Le flan est très bon, comme en France quand il est bien fait. Pour le demander, j’ai fait un effort de bien parler à la française « ich möchte ein Flan », avec un « an » bien nasal de chez nous, et non pas un flanne. Apparemment, le monsieur ne parlait pas français, mais je m’en fiche, je ne suis pas à Munich pour voir des français. Je précise ma prononciation, car j’ai l’habitude de prononcer croissant avec un accent allemand (croissaanne TTT), et j’ai appris récemment qu’en fait ils le prononcent comme nous, alors pas la peine de se casser le croupion.

En ce qui concerne les éclairs, il y en a des moins chers autre part dans la gare (1,45€), pas loin dans la boulangerie à coté de Internationale Presse, au parfum chocolat ou vanille. J’ai testé les deux hiers, très bons, même si la patachou était un peu molle, mais je pense que c’est à cause de la chaleur (30°).

Beerentaler

Je parle toujours de Rischart. Il y a aussi une autre boulangerie découverte il y a peu qui fait de bonnes choses, nämlich Rackl’s Backstub’n (la boulangerie de Rachel ?). Ils ont chaque semaine une (ou plusieurs) nouvelle spécialité, qu’on peut visionner toute la journée sur le site Internet avant de craquer en rentrant chez soi. Cette fois, j’ai choisi un Beerentaler, pour découvrir.


Comme toujours en allemand, on commence par décomposer le mot avant de se rendre compte que ça ne donne que de fausses indications (quoique dans ce cas précis, ça marche pas trop mal).
Beerentaler, en décomposé, c’est Beeren + Taler. Beeren, c’est les baies, comme berry en anglais. On le trouve par exemple dans les mots Himbeeren (framboise), Erdbeeren (fraises), Brombeeren (mûres), Stachelbeeren (groseille à maquereau), (rote) Johannisbeeren (groseille), schwarze Johannisbeeren (cassis) et surement d’autres. Bref ! Je me trompe tout le temps, mais je fais des progrès, grâce à mon entrainement de choc consistant à manger pleins de confitures (avec un ‘s’ à plein comme ça il y en a encore plus beaucoup).

Dans le cas du Beerentaler, on pourrait penser qu’il y a un mélange de tout ça. En fait, il semblerait qu’il y ait uniquement du cassis.

La deuxième partie du mot, Taler, signifie vallée, et ne nous aide pas vraiment à comprendre qu’est-ce que c’est. On va dire que cela symbolise l’espèce de pain qui est en dessous du cassis. D’ailleurs, ce pain ressemble étrangement à celui des pains aux raisins, avec gout raisin aussi, mais sans les gros morceaux de raisin à l’intérieur.

Sur le dessus de tout ça, il faut rajouter des Streusel. Streusel, ça n’existe pas en français, mais c’est populaire dans la pâtisserie allemande. C’est ces petits morceaux de pâtes qu’on voit par exemple sur le dessus d’un crumble ou d’un russischer Zupfkuchen (tellement bon).

Et ma fois ça se mange bien, car dans cette boulangerie, ils font toujours des gâteaux pas trop sec qui glissent bien dans l’oesophage.

La montagne, c’est pas comme à Paris

Aujourd’hui, il a fait beau et 25 degrés à Munich. Il y a 3 semaines aussi, on a eu un temps comme ça, et je m’étais dit que c’était idéal pour la première randonnée de l’année.

La randonnée prévue commence à Tegernsee (700 mètres d’altitude), monte à 1300 mètres entre Tegernsee (à gauche) et Schliersee (à droite) via Gindelalm (au milieu), puis retourne à Tegernsee. Il est aussi possible d’aller à Schliersee au lieu de revenir à Tegernsee, et de visiter la toute jeune distillerie de Whisky bavarois Slyrs (pas de la bière !!).

Agrandir le plan

Seulement voilà, il y a 3 semaines, à 1300 mètres d’altitude, par une belle journée ensoleillée à 25 degrés, on voyait ça :

(c’est moi)


Jusqu’ici, on a bien rigolé en voyant de la neige. Mais la neige, en nous voyant rigoler s’est fâchée. Un peu plus loin sur le chemin, c’était comme ça :



En fait, je ne suis même pas sûr que là où on marchait sur la neige c’était vraiment le chemin. Par endroit il y avait jusqu’à 50 cm de neiges (jusqu’aux genoux). Plus loin encore, c’était encore pire, alors on a rebroussé chemin. La vue était quand même magnifique.

Moi innocent français de la région parisienne, je m’étais dit que s’il fait 25 degrés, alors il n’y a pas de neige. Ben ça ne marche pas comme ça ! J’ai relu ensuite mon guide de randonnées, il est écrit de ne pas faire les randonnées en montagne avant début juin. Maintenant je sais pourquoi…

Schmalznudeln

J’ai découvert pas hasard le Schmalznudeln. J’errais tranquillement dans un Biergarten en quête de nourriture, et il y avait un écriteau en gros indiquant la vente de Schmalznudeln.

Moi, bêtement, je me suis dit Nudeln, c’est des pâtes, c’est toujours bon à prendre, et Schmalz, c’est du gras parait-il (du saindoux dans mon dico), bon, des pâtes avec plein de gras autour, pas choquant en bavière, et ça devrait me rassasier. Je connais déjà les Schupfnudeln, dont le mot ressemble, alors j’ai pensé que le plat ressemblerai aussi (mais où ai-je été cherché que la ressemblance orthographique et la ressemblance goûtistique (euh je veux dire gustative) était liée ?).

Pour les incultes, une petite photo de Schupfnudeln (c’est des pâtes denses, bien bourratives, similaires aux Gnocchi)

© kookykrys, FlickR, Creative Commons

Mais revenons-en à mes Schmalznudeln !

Quand je l’ai commandé, le brave monsieur vendeur-fabricateur de Schmalznudeln m’a dit « mit Zucker oder Zimt-Zucker » (avec du sucre, ou du sucre-cannelle). J’ai répondu « Zimt-Zucker », parce qu’en allemand, je ne sais pas encore dire « mais vous vous foutez de moi ou quoi, c’est des pâtes toutes grasses que je veux, pas du sucre ».

Et voilà ce qu’il me sort. (click, j’aurais du prendre une photo moi-même, ça ne court pas le net)

C’est un espèce de beignet à la forme aplatie, bien frit, et bien beigné dans du sucre. Très bon, mais pas du tout ce que j’avais prévu…