Archives annuelles : 2010

Pourquoi les noms prennent-ils une majuscule ?

Aujourd’hui, encore un cours d’allemand 😉

Après l’importance des tirets, voici l’importance des majuscules. En effet, en allemand, les noms (communs et propres) prennent toujours une majuscule.

Cela remonte, parait-il, au moyen-age, vers le 13 ou 14ème siècle, où en latin et en allemand, on a commencé à mettre des majuscules à la première ou aux deux premières lettres pour mettre le mot en valeur (GOtt, Dieu, Kip). Apparemment, ça a viré au bordel, car chacun mettait sa majuscule où il voulait. Comme les allemands n’aiment pas le bordel, ils ont règlementé tout ça, et ont introduit la majusculification systématique de tous les substantifs au 17ème siècle.
Pour en savoir plus sur l’histoire des majuscules / minuscules vous pouvez lire cet article intéressant.

Beaucoup d’étrangers et même certains allemands semblent ne pas vraiment en tenir compte. Je ne sais pas trop pourquoi. Souvent, ça n’est pas trop grave pour la compréhension, mais il y a des cas où la bonne utilisation des majuscules permet d’éviter des confusions.

Par exemple :
Note : Contrairement à mes idées reçues sur l’humour allemand, la liste que l’on m’a transmise contient aussi des blagues sexuelles. Âmes pures s’abstenir !

Die Spinnen – les araignées
Die spinnen – ils/elles délirent (ou tissent)

Warum sind füllige Frauen gut zu Vögeln? – Pourquoi les femmes corpulentes sont-elles bonnes avec les oiseaux ?
Warum sind füllige Frauen gut zu vögeln? – Pourquoi les femmes corpulentes sont-elles bonnes à niquer ?

Er hat liebe Genossen. – Il a des gentils camarades.
Er hat Liebe genossen. – Il a gouté à l’amour.

Wäre er doch nur Dichter! – Si seulement il était poète !
Wäre er doch nur dichter! – Si seulement il était plus épais (ou étanche) !

Sich brüsten und anderem zuwenden. – Se vanter et gratifier les autres.
Sich Brüsten und anderem zuwenden. – S’intéresser aux seins et à d’autres choses.

Die nackte Sucht zu quälen. – L’envie ostensible de torturer (les autres).
Die Nackte sucht zu quälen. – La femme nue essaye de torturer.

Sie konnte geschickt Blasen und Glieder behandeln. – Elle savait adroitement soigner les ampoules (de pieds) et les membres (bras, jambe, …).
Sie konnte geschickt blasen und Glieder behandeln. – Elle savait sucer et manier les membres (pas le bras, pas la jambe) adroitement.

Der gefangene Floh. – La puce prisonnière.
Der Gefangene floh. – Le prisonnier s’est enfui.

Helft den armen Vögeln. – Aidez les pauvres oiseaux.
Helft den Armen vögeln. – Aidez les pauvres à faire l’amour.

Alors maintenant faites un peu attention en écrivant. Märci!

La factorisation des mots en allemand

En allemand, on a le droit de factoriser les mots, comme en mathématique quand on factorise une équation.

Par exemple, si le temps est comme hier, à la fois Tauwetter (temps où la neige qui est par terre fond) et Sauwetter (temps de cochon), alors on pourra parler du Tau- und Sauwetter (enfin je crois).

Or je suis passé devant mon boucher du coin qui n’a pas appris l’allemand à l’école (c’est un bavarois).

Mon boucher annonce fièrement depuis quelque jours vendre du « frische Blut und Leberwürste« .

Quand j’ai vu ça, j’ai été un peu surpris, j’ai lu d’abord « sang frais et saucisse de foie ». Ensuite, j’ai réfléchi à mes déclinaisons. Je me suis dit que le sang frais, ça se dit « frisches Blut« . Donc mon boucher a en fait voulu dire « boudin noir et saucisse de foie », ce qui devrait s’écrire « frische Blut und Leberwürste« .

Eh oui, c’est important le petit tiret !

Halloween à Munich

Halloween c’est demain.

Mais à Munich, ça n’est pas vraiment fêté. Ou alors si mais je comprends pas bien.

On trouve en effet, dans les centres commerciaux, plein de costumes, mais il n’y a pas de fêtes publiques annoncées, il n’y a rien dans la rue, pas d’enfants qui font trick or treat (i.e. sonnent à la porte pour demander des bonbons). Il n’y a aucune décoration des bâtiments, comme on en trouve aux États-Unis, ou comme on en voit à Noël à Munich.

On trouve chez le marchand de légumes de grosses citrouilles à creuser, mais on ne trouve aucun outil pour les creuser (il faut les importer des USA, ou alors se débrouiller avec un couteau), et aucun livret contenant des motifs pour découper la citrouille (aussi à importer des USA).

C’est un peu comme une fête dont on a coupé la moitié. C’est dommage. C’est certes une fête qui a visiblement été instaurée pour des raisons commerciales, mais quand elle est bien faite, elle vaut le coup, surtout qu’elle est au milieu de rien : Oktoberfest s’est finie le 3 octobre, et les marchés de Noël ne commencent que fin novembre.

Apparemment, certains de ceux qui ont des enfants font des Party privées et costumées (mais aux USA, les costumes se portent dans la rue). Pour les gens sans enfants, ben tant pis, il ne leur reste qu’à regarder les films d’horreur sur rtl2, ou à se convaincre que c’est une fête stupide qui n’appartient pas à la culture allemande.

Nous, nous avons découpé nos Kürbis, mais comme nous sommes les seuls dans le voisinage, pas question d’en faire profiter les voisins. Nous avons mis les citrouilles dehors, mais avec la face pointant vers l’intérieur. Comme ça, c’est nous qui en profitons.

Oktoberfest non-fumeur

Pour la première fois cette année, il est interdit de fumer sous les tentes d’Oktoberfest. Ça veut dire qu’on peut y aller sans s’intoxiquer, et sans avoir les vêtements et cheveux qui puent la clope (ça s’appèle un progrès social).

Il y a deux grandes inquiétudes liées à cette nouvelle loi :
1. Est-ce que les gens vont la respecter ?
2. Est-ce que du coup, ça ne va pas trop puer la graisse (de la nourriture qui n’est pas particulièrement diététique), la transpiration (on danse sur les bancs) et la pisse (certains, et ce n’est pas une légende, pissent sous les bancs, car ils ne veulent pas aller aux toilettes de peur de perdre leur place), puisqu’il n’y aura plus l’odeur de la cigarette qui merveilleusement masque toutes les autres ?

Pour la première inquiétude, la bonne nouvelle c’est que ça se passe plutôt bien, même si un mec n’a pas été content qu’une serveuse enlève la cigarette de la bouche de sa copine, et a donc blessé la serveuse en la frappant avec un Masskrug (un verre en verre lourd contenant un demi-litre de bière et un demi-litre de mousse).

À propos de l’odeur, pas de soucis, ils ont pensé à tout : une culture de bactérie sous le sol des tentes est censée se nourrir de graisses et de mauvaises odeurs pour nous purifier l’air.

Mais : cette année, pas de visite de tente pour moi. J’attendrai la Frühlingsfest pour laquelle il y a moins de touristes (et donc moins d’idiots).

D’où viens-je?

Lorsque je me promène à l’étranger (c’est-à-dire hors de la France et hors de l’Allemagne), on me demande souvent :
« Where are you from? »

Et moi jusqu’à maintenant, je réponds « I am French, but I live in Germany », et en général la réaction que j’ai c’est « Oh, really! », parce que l’information est trop complexe pour avoir une réponse toute faite comme « I love France », « I’ve never been to Germany », ou autres blablas pour combler le discours.

Mais à partir d’aujourd’hui, je voudrais essayer quelque chose de nouveau, c’est-à-dire
« I am from Bavaria »
(et Bavaria, c’est pas dans l’Allemagne si on me demande).
Et j’espère alors qu’on imaginera ma vie trépidante !

(Le lien pour la vidéo en plus gros)

Encore une chanson trop bien pour danser quand on est vraiment bourré.

Cours de bavarois : comment saluer ?

Oktoberfest commence dans une semaine, et je me suis dit, si on salue les serveurs en bavarois, peut-être qu’on aura un prix sur la bière ? En effet, un litre de bière coutera cette année 8,9€, avec une augmentation de 0,30€, comme à peu près tous les ans (+3.5%, c’est plus que l’inflation).

Alors voici les salutations qu’un bavarois de souche m’a transmises :
Évidemment, on peut dire « Servus! » que tout le monde connait. Servus c’est comme salut, ça veut dire bonjour et ça veut dire au revoir. Mais pour paraitre encore plus bavarois, on peut en rajouter (sauf pour les collègues de bureau, le servus suffira amplement).

Par exemple, « Servus oida Zipfe » est particulièrement amical.
oida veut dire « vieux », comme dans « vieux compère » et Zipfe veut dire « bite ». Forcément, dit en français « salut vielle bite », ça a l’air un peu moins amical, mais finalement c’est pas vraiment différent du « salut biloute » qu’ils disent dans le nord de la France.

Pour faire encore plus amical que « Servus oida Zipfe« , vous pouvez dire « Servus oida Zipfnos« . nos, c’est le nez. Donc, ça veut dire quelque chose comme « salut vieux qui a un nez en forme de bite ». Mais si mais si, c’est amical, c’est un bavarois qui me l’a dit.

Pour rester dans le même domaine, on peut aussi dire :
Servus oida Vorhaut
ce qui veut dire « salut vieux prépuce ». Mais comme tout le monde n’ose pas dire ça, il y a une variante phonétique :
Servus oide Wursthaut
littéralement « salut vieille peau de saucisse ».

Maintenant vous savez tout !

Si vraiment ça ne marche pas, vous pouvez toujours faire comme tous les jeunes fauchés et aller dans les supermarchés, où ils vendent la même bière en bouteille pour  seulement 1,5€ le litre.

Le bioparadis à Munich

Ceux qui me connaissent un peu savent que je suis un fou du bio. Et bien, je suis super trop content car j’ai trouvé le bioparadis !

C’est vers Viktualienmarkt, et ça s’appelle Basic. Le nom n’est pas révélateur de la merveillositude de ce supermarché. On y trouve des produits qu’on ne voit pas ailleurs, et en plus tout est bio, on ne peut pas se tromper (et acheter du poison comme je dis). Ils annoncent aussi fièrement sur la vitrine du magasin avoir plus que 150 sortes de fromages bio. Pour un français, c’est un bon appât.

Pour donner un exemple des produits que je n’ai jamais trouvé ailleurs, voici ce que j’ai acheté :

Alors il y a
– du Vollrohrzucker. D’habitude on trouve du rohrohrzucker (de la cassonade, c’est à dire du sucre de canne non blanchi), mais là c’est du sucre complet.
– des Soba, c’est une sorte de spaghetti japonais fait avec de la farine de sarasin.
– du Seidentofu (tofu soyeux), que j’ai toujours rêvé d’essayer depuis que je sais que ça existe, à cause du nom, mais que je n’avais jamais trouvé jusque là. J’en ai donc acheté, mais je ne suis pas sûr de ce qu’on peut faire avec. Apparemment, ça peut par exemple remplacer le yaourt dans une sauce au curry (où le yaourt remplace déjà le lait de coco dans notre curry maison). Note : il parait que ça n’a pas vraiment de gout quand même.
– une confiture avec 80 % de fruit (et donc seulement 20% de sucre ajouté). La plupart dans le commerce sont dans les 55-60%, parfois jusqu’à 75%, mais si on veut bio en plus, ça devient rare.
– et des haricots rouges, ouais bon d’accord c’est pas exceptionnel, mais ils sont bios quand même d’abord, et c’est pour faire un bon chili con carne.

Ils ont aussi beaucoup plus de légumes et fruits frais bios que chez les autres (c’est important quand on mange la peau avec, car les insecticides/pesticides restent dans la peau des fruits-légumes). Ils ont par exemple des courgettes jaunes. Même si je rêve déjà de les essayer, mon encyclopédie de la cuisine (Küchenpraxis de Teubner que je ne peux que recommander, mais c’est en allemand) m’a déjà signalé qu’elles ont le même gout que les vertes.

Voilà, vous pouvez vous moquer si vous voulez, mais vous ne gouterez pas à mes iles flottantes (en bon allemand « Oeufs à la neige ») faites avec une gousse de vanille bio (lait, oeuf et sucre aussi), car c’était trop bon, y en a plus. [J’admets que c’est aussi trop bon quand c’est pas bio.]

Babar mange des steaks Tatar !

En feuilletant un livre de cuisine en allemand, je suis tombé sur une belle image de steak tartare. Sauf que dans le livre, c’était écrit en gros « Tatar ». J’ai alors fait remarquer immédiatement à mes convives allemands : « Ahah ! Mais c’est pas du tout comme ça que ça s’écrit, il manque un « r ». » Et j’ai trouvé ça drôle écrit comme ça : Tatar. Mais je n’ai pas compris tout de suite pourquoi, et pour les allemands ça n’était pas drôle, c’était normal.

J’ai compris un peu plus tard, c’est qu’entre Tatar et tartare, il y a la même différence qu’entre Babar et barbare : l’un fait peur, l’autre pas. Note : barbare est le nom que je donne aux allemands depuis que je sais que l’invasion des barbares se dit en allemand Volkswanderung (la migration des peuples).

C’est évidemment l’orthographe française qui est la bonne, car comme nous les français savons bien, le steak tartare (quand il est bien fait) est une spécialité de la haute cuisine française. « Mais non ! », rétorqua mon auditoire allemand, le nom du steak vient du peuple nomade « Tataren » qui, soi-disant, n’avait pas le temps de faire cuire la viande. Et, oh zutalors, « Tataren » se dit aussi Tatars en français (ou alors Tartares, on a le choix), et la langue issue de se peuple s’appelle le tatar (pas tartare). L’orthographe allemande est donc étymologiquement correcte. Voilà je voulais vous prévenir, au cas où vous voulez vous moquer du mot Tatar, il faut bien préparer vos arguments à l’avance…

Mais pourquoi a-t-on une langue tellement pleine d’exceptions qu’à chaque fois que je veux faire mon malin je perds ?

P.S.: les anglais ont aussi la fausse orthographe, mais je pense que comme la plupart des choses de cuisine, ils ont pris le mot français pour faire plus chic. On ne peut donc pas se moquer.

Escalope de lait

tiens ça fait longtemps…

Avec ce qui suit, on va encore croire que je suis végétarien. Mais ce n’est pas vrai, même si j’essaie de ne pas manger de viande deux fois par jour (ce qui est la définition de végétarien pour certains). Je m’intéresse tout de même aux alternatives végétariennes.

Par exemple, j’ai essayé il y a quelques temps la saucisse de hotdog, mais au soja. Et bien, ça n’a pas de gout, du tout. C’est-à-dire que c’est comme manger du pain à la ketchup, avec un truc soit disant croquant au milieu.

C’est donc surpris que j’ai lu l’autre jour dans Test, qu’ils disaient du bien d’un Schnitzel (une escalope pannée?), sans viande. Ils disent que le gout et la texture sont assez proches du vrai Schnitzel (au poulet). D’ailleurs, le prix aussi est assez proche du prix de la viande…

J’ai donc acheté pour essayer, voici à quoi ça ressemble :



Déjà visuellement c’est assez ressemblant. C’est écrit dessus en gros « ohne fleisch, 100% vegetarisch » (sans viande, 100% végétarien), fait avec du bon lait, riche en protéine et en calcium, et pas trop gras. Que des bonnes choses donc !

Ils vendent plusieurs variantes : la normale (que j’ai aussi essayé), et les pas normales : la Toskana (avec sauce tomate en plus à l’intérieur, ci-dessus) et des nuggets (que je suis curieux d’essayer), et puis une autre avec du gouda dedans je crois, plus sûr.

Au niveau de la consistance, en effet c’est pas mal, bien que légèrement plus mou que la viande.
Au niveau du gout, c’est surprenant, il y a en effet un léger gout de poulet. J’ai quand même préféré la version Toskana, qui a un gout plus relevé (à cause de la sauce tomate épicé dedans).
Vu qu’il n’y a pas de poulet du tout, il doit y avoir tout un tas de chimie dedans pour imiter… je n’ai pas dit que c’était bio…

J’ai donc regardé la liste des ingrédients cachée derrière le paquet. À peu près 80% du poids c’est du lait (d’où le titre). Pour le reste, il y a la panure (farine) et tout plein de molécules chimiques au nom bizarre. Donc pour moi qui suis plutôt à la recherche du bio que du végétarien, c’est un peu dommage, mais pour les végétariens qui aiment le gout de la viande mais ne veulent pas en manger, c’est à essayer il me semble.

Savez vous sourire comme un cheval de pain d’épice au miel ?

J’ai encore appris une nouvelle expression allemande formidable :
grinsen wie ein Honigkuchenpferd,
c’est-à-dire, mot à mot, sourire comme un cheval de pain d’épice (au miel?).

Un cheval de pain d’épice c’est ça :

(Creatives Commons, Wikipedia)

Il n’a pas l’air particulièrement heureux, mais on peut quand même essayer de sourire comme lui.

Pour expliquer l’expression, j’ai trouvé un contexte pris par hasard : dans Bild, le super journal people d’Allemagne, il y a un article sur Suri Cruise , la fille de Tom Cruise et Katie Holmes. Et bien, elle a été prise en photo par des papparazzis qui n’ont rien de mieux à faire, en train de payer elle-même dans une boulangerie, avec, croyez-moi donc, un billet de 5 dollars ! Si ça c’est pas une nouvelle que je suis content d’avoir lue… Et alors, si on observe bien cette petite fille à ce moment précis où elle tend le billet pour payer, on pourra voir un sourire de cheval de pain d’épice.

L’expression est traduite dans la plupart des langues par « sourire jusqu’aux oreilles », ou, d’une oreille à l’autre. L’anglais propose aussi l’alternative « grin like a Cheshire cat », sourire comme un chat de Cheshire, celui d’Alice au pays des merveilles.


J’ai du mal à voir en quoi c’est la même chose que le cheval ci-dessus…