Archives mensuelles : février 2010

L’histoire de la starkbier

…pour Meringuette qui ne la connait pas

Après m’être goinfré de Krapfen (par exemple celui-là ou celui-ci), nous voici arrivé à mardi gras, dernier jour où on peut acheter des Krapfen dans les boulangeries, puis au mercredi d’après, premier jour sans Krapfen, qu’on appelle généralement le carême.

Si on est bon catholique, par exemple un moine bavarois, on n’a plus le droit de manger pendant 40 jours (mais on peut manger pendant 40 nuits ?), mais on a le droit de boire (essayez donc de dire à un bavarois qu’il ne peut plus boire sa petite bière du matin, même si la weisswurst n’est pas au rendez-vous…)

Or les moines bavarois, très futés, se sont dits : puisqu’on n’a pas le droit de manger, on va faire du jus de céréale avec un peu plus de céréale que d’habitude, qu’on appelle la starkbier (bière forte). Alors que les bières ont en moyenne 5 ou 6% d’alcool, la starkbier a typiquement entre 7 et 10%.


Mais bon, certains moines bavarois ont eu des scrupules et se sont dits qu’il fallait faire homologuer la bière chez monsieur le Pape pour être sûr qu’elle est compatible avec le carême. Ils ont donc mis un bon tonneau sur un mulet, sans camion réfrigéré, et hop direction Rome.
Deux ou trois semaines plus tard, le jus bio arrive chez le pape, qui goûte et recrache tout. Visiblement, la bière n’aurait pas trop supporté le voyage. Et le pape aurait soi-disant dit : « si vraiment ils veulent boire cette cochonnerie, je ne vois pas pourquoi je les en empêcherai ».

C’est pourquoi on a le droit de boire cette « super » bière qu’on ne trouve que durant la période de jeûne. Pour en profiter pleinement, il y a la Starkbierfest, qui dure un mois, et où, comme pour Oktoberfest, on ne peut avoir que des verres d’un litre. Il parait que les joyeux lurons qui y vont boivent comme si c’était une bière normale, et sont complètement paf, qu’ils gueulent et dégueulent.

Autrement, les bières ont des noms rigolo qui annoncent la couleur, comme Maximator, Salvator ou Triumphator. Je me demande si on peut en demander en version Radler, mais j’ai peur de me faire lyncher.

PS: je tiens l’histoire ci-dessus d’un bavarois qui est bavarois depuis plusieurs générations.

Pourquoi je me transforme en bioman

Vous imaginez peut-être que je me promène dans les rues de Munich comme ça :


Mais ça n’a rien à voir.

Bioman, c’est juste quelqu’un qui mange ou achète du bio. « Mais pourquoi ? » me disent les gens qui n’ont rien compris. Alors je vais vous raconter des histoires de la vie comment elle fonctionne.

Là où tout a commencé

Au début, j’étais comme beaucoup, j’étais étudiant, fauché, et je ne voyais pas trop l’intérêt de payer deux fois le prix pour la même chose, avec le même gout, et qui se conserve moins longtemps. Ben oui, avec la bio, il y a moins de pesticide, et donc le méchant moisi peut se développer plus facilement.

Ensuite, c’était comme un jeu. N’étant plus un étudiant fauché, j’ai pu acheter du bio, juste pour voir si on peut tout avoir en bio. Ici, il y a de plus en plus de bio un peu partout, à Edeka notamment, et aussi chez ma droguerie Rossmann. Ben oui, j’achète à manger dans ma droguerie… (notamment du lait, des tomates en boite, des pâtes, du Backmischung (un mélange de farines qui fait un pain), du chocolat, etc.)

Et ensuite j’ai lu des histoires :

Une histoire algueuse

Celle-ci n’est pas une histoire allemande, mais française. Donc je vais faire court puisque vous connaissez déjà. Algues vertes Bretagne plage azote agriculture pesticide (l’histoire ici). Mais c’est pas grave, on n’interdit pas les pesticides (sauf dans le bio). C’est là que je me suis dit : tiens, il y a quelque chose.

Une histoire épicée

Ça, c’est une histoire allemande. En octobre de 2009, le Greenpeace allemand, très actif ici, et à qui on doit (heureusement ou malheureusement je ne sais pas trop) le fait que les allemands n’arrivent pas à construire de centrales nucléaires (et donc importent de la France en étant bien content que la France produise plein d’énergie, notamment avec le nucléaire), je suis perdu.

Greenpeace, donc, a testé des épices séchées (site en allemand). Notamment : du curry, du paprika, du persil et du Schnittlauch (enfin ciboulette quoi). Et ils ont dit, messieurs-dames de Greenpeace : Achtung! C’est plein de Gift! (« Gift » veut certes dire « cadeau » en anglais, ce qui n’est pas trop mal, mais ça veut dire « poison » en allemand, ce qui est moins bien). Et comme poison poisonneux, ils ont trouvé une vingtaine de trucs cancérigènes, dans plein de marques. Notamment, les marques Ostmann et Fuchs, dont j’ai acheté presque toute la collection, sont particulièrement beurk.

Par contre, Eine gute Nachricht gibt es dennoch: Frische Kräuter sind im Vergleich zu 2008 nur noch gering belastet. Mehr als 60 Prozent der frischen Petersilie enthält keine Pestizide. 2008 gab es keine frische Petersilie ohne Pestizidnachweis.

Et si vous êtes pas d’accord, je le redis en langue de kip.
« Vous allez encore nous traiter, nous Greenpeace, de ralouchons, alors on va vous donner une bonne nouvelle : le persil frais en plus d’avoir plus de gout, et de pousser sur le balcon de kip quand il n’y a pas 20 cm de neige par dessus, sont moins beurkifiants que les trucs desséchés, pisske y en a plus que 60% seulement au moins qui n’ont même pas de pesticide en cadeau. Par contre, en 2008, c’était tout le monde qu’en avait, sauf kip sur son balcon ».

Et dites moi que ce n’est quand même pas pire que la traduction otomatik de Gougueule:
Les bonnes nouvelles sont toujours là: les herbes fraîches sont comparés à 2008, seulement légèrement contaminé. Plus de 60 pour cent du persil frais, ne contient pas de pesticides. 2008, il n’y avait pas de persil frais, sans détection des pesticides.

Mais ! Dans le bio ? pas de poison qu’il dit Greenpeace !

Une histoire champignonneuse

Bouh qu’il est laid cet adjectif…

Dans mon magazine Test (12.09) où qu’on apprend plein de trucs (c’est l’équivalent de 60 millions de consommateurs), en plus de me montrer les noms des champignons en allemand, avec des photos, ils m’apprennent que certains champignons vendus en Allemagne contiennent de la nicotine. Oui, le truc des cigarettes…

Les explications sont intéressantes. Une hypothèse est que les chinois de Chine, quand ils emballent les bons champignons, fument en même temps, et pouf, ça contamine tout (les champignons sont connus pour absorber particulièrement bien les cochoncetés de l’air. On sait ça depuis Tchernobyl au moins).

Alors faut pas acheter du champignon chinois, fastoche, hein ?

Ben non, car chez Test, ils ont aussi testé des champignons séchés récoltés en Allemagne. À leur grand double tétonnement, puisque d’abord, apparemment, il est interdit de récolter des champignons en forêt allemande pour les vendre (mais à usage personnel c’est autorisé), et ensuite, ils avaient aussi de la nikotine gratuit pour le même prix. À éviter : les marques Fuchs et Green Forest Wagner (youpi, c’est les seules marques dans mon magasin).

Et dans le bio ? Oui, il y en a aussi, mais pas trop. (note : quelques produits non-bio ne sont aussi pas trop nikotinifiés, mais pour être sûr de ne pas se tromper, bio est le meilleur choix, qu’ils disent)

Bio, à consommer avec modération

Mais, contrairement aux impressions qu’on pourrait s’y fier, attention il ne faut pas ! Je ne suis pas un ouf du bio (même si mon charriot n’avait que du bio aujourd’hui, ça n’a rien à voir…). Dans Test, quand ils comparent, les produits qui ont le plus de gout (les fameux testsieger) sont souvent des pas-bio, et au contraire, beaucoup de produits bio sont mal classés, car sans gout (dégoutés ?). Donc je prends plutôt des testsieger que du bio, si j’ai le choix.

Note sur le bio : il y a le sigle européen qu’on connait bien, un bio vert dans un nez xagone. Et bien ce sigle bio dit juste que 95% du produit (en poids ou en volume??) est issu d’agriculture biologique. Donc ils peuvent mettre 5% de poison dedans quand même. Quand on a le choix, et si on n’a que ça à faire de sa journée de shopping, il faut chercher le sigle bioland (le pays de bioman 🙂 ) qui assure que c’est tout du bio à 100% (mais ça n’assure pas forcément un bon gout)