L’histoire de la starkbier

…pour Meringuette qui ne la connait pas

Après m’être goinfré de Krapfen (par exemple celui-là ou celui-ci), nous voici arrivé à mardi gras, dernier jour où on peut acheter des Krapfen dans les boulangeries, puis au mercredi d’après, premier jour sans Krapfen, qu’on appelle généralement le carême.

Si on est bon catholique, par exemple un moine bavarois, on n’a plus le droit de manger pendant 40 jours (mais on peut manger pendant 40 nuits ?), mais on a le droit de boire (essayez donc de dire à un bavarois qu’il ne peut plus boire sa petite bière du matin, même si la weisswurst n’est pas au rendez-vous…)

Or les moines bavarois, très futés, se sont dits : puisqu’on n’a pas le droit de manger, on va faire du jus de céréale avec un peu plus de céréale que d’habitude, qu’on appelle la starkbier (bière forte). Alors que les bières ont en moyenne 5 ou 6% d’alcool, la starkbier a typiquement entre 7 et 10%.


Mais bon, certains moines bavarois ont eu des scrupules et se sont dits qu’il fallait faire homologuer la bière chez monsieur le Pape pour être sûr qu’elle est compatible avec le carême. Ils ont donc mis un bon tonneau sur un mulet, sans camion réfrigéré, et hop direction Rome.
Deux ou trois semaines plus tard, le jus bio arrive chez le pape, qui goûte et recrache tout. Visiblement, la bière n’aurait pas trop supporté le voyage. Et le pape aurait soi-disant dit : « si vraiment ils veulent boire cette cochonnerie, je ne vois pas pourquoi je les en empêcherai ».

C’est pourquoi on a le droit de boire cette « super » bière qu’on ne trouve que durant la période de jeûne. Pour en profiter pleinement, il y a la Starkbierfest, qui dure un mois, et où, comme pour Oktoberfest, on ne peut avoir que des verres d’un litre. Il parait que les joyeux lurons qui y vont boivent comme si c’était une bière normale, et sont complètement paf, qu’ils gueulent et dégueulent.

Autrement, les bières ont des noms rigolo qui annoncent la couleur, comme Maximator, Salvator ou Triumphator. Je me demande si on peut en demander en version Radler, mais j’ai peur de me faire lyncher.

PS: je tiens l’histoire ci-dessus d’un bavarois qui est bavarois depuis plusieurs générations.

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2 réflexions au sujet de « L’histoire de la starkbier »

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