Archives annuelles : 2011

Plastic planet

Puisque j’ai la réputation de bioman (m’a dit Pauline) , je me permets de présenter un documentaire allemand sur le plastique que j’ai vu l’autre jour à la télé. Je trouve que ça explique très bien les enjeux actuels autour du plastique, pourquoi c’est bien, comment c’est produit, les dangers pour l’environnement et la santé, et les alternatives.

L’allemand du documentaire est très simple, et d’ailleurs ils parlent parfois en anglais avec sous-titre allemands, donc pour les nuls en allemand qui me lisent, ils peuvent quand même regarder le documentaire !
 

J’y ai appris finalement quelque chose que je n’avais pas bien compris : la différence entre les logos ci-dessous, dont les deux indiquent sur une bouteille qu’elle est consignée.


Les logo de gauche sont les mehrwegflasche : la bouteille est lavée (probablement avec des détergents assez forts) puis réutilisée jusqu’à X fois. Le logo de droit concerne les einwegflasche : la bouteille (ou canette en aluminium) est refondue, mélangée avec d’autres et une nouvelle bouteille est créée.
Et, d’après le documentaire sur le plastique, les einwegflasche sont mieux que les mehrwegflasche, car les mehrwegflasche commencent à se rayer et à s’user, et ça fait qu’il y a plus de plastique (bisphénol) qui se mélange avec le contenu de la bouteille.

Prendrez-vous du ketchup avec vos chaussures ?

Alors je veux acheter ça.

L’autre jour, j’ai voulu acheter des chaussures de sport dans un magasin. La sorte de chaussures qu’en français on appelle des baskets.

Mais basket c’est bizarre comme nom. C’est de l’anglais, sauf que les anglais ne l’appellent pas basket. Basket ça veut dire « panier », comme le « panier de basket »… Les anglais appellent les baskets des sneakers. Et les allemands font de même. Sauf que les sneakers ça m’évoque autre chose, car pour moi, comme pour la plupart des français, une voyelle longue et une voyelle courte c’est la même chose.

Basketball
En français, on dit comme ça

Mais en Allemagne, il faut dire ça…

Donc, avec tous ces concepts qui se bousculent dans ma tête, j’arrive quand même à choisir une paire de chaussures et à aller à la caisse (suis fort hein ! y en a plein qui restent au milieu des rayons sans bouger). Petite remarque au passage, pour les « gens comme moi » qui ont le malheur de chausser du 46, l’Allemagne est un paradis, on trouve plein de 46, alors qu’en France ça s’arrête souvent à 45.

Et à la caisse, la brave caissière me dit :
Cher monsieur, nous vous félicitons de votre choix de chaussures (wir bedanken uns, j’en parlerai dans un autre post). prendrez-vous du ketchup avec vos chaussures ?

Bon d’accord, j’exagère, en fait elle a dit :
Ketchup?

Confronté à une nouvelle information, le cerveau commence par vérifier si elle est cohérente avec le reste. Ketchup + chaussures ? non ! Ketchup + basketball ? non ! Ketchup + snickers ? pourquoi pas… euh non !

Et donc mon cerveau me dit « ketchup ça ne va pas, tu as mal entendu ».
Je dis donc à la caissière :
– Est-ce qu’usé moi chère madame, mais je ne comprends que la gare. (ich verstehe nur Bahnhof, en allemand, veut dire « j’entrave que dalle »)

Bon d’accord, j’exagère, en fait j’ai dit :
 – Bitte?

et elle m’a dit encore une fois :
Ketchup?

 Alors comme je lui ai ressorti mon « bitte » en faisant une tête de demeuré, elle m’a montré sa ketchup :

heart in shoe box

la réponse est donc :
– Ja, bitte!

Alors pour la prochaine fois je saurai : le carton, qui en allemand s’écrit Karton et se prononce « cartonne » en haut-allemand se prononce en fait « ketchup » en bavarois.

Gouda d’Halloween

Oui oui je sais, Halloween est déjà passé, mais on va faire comme si c’était hier.

Dans ma boutique bio préférée, ils vendaient, pour Halloween, du « Halloween Gouda » (non, pas « goût-da », mais gah-ou-da »). Comme je suis toujours prêt à l’aventure concernant les aliments inhabituels (même qu’un jour j’ai acheté du tofou soyeux), je suis reparti avec.

Halloweengouda

Ça ressemble à ça !
Il y a des morceaux de je-ne-sais quoi dedans (les points noirs), pas tous les mêmes. Le goût est intéressant, comme un gouda un peu épicé (chili ?). Mais je n’ai aucune idée exacte de ce qu’il y a dedans.

Quelqu’un a-t-il une idée ? Est-ce un fromage connu ? est-ce une recette des états-unis ? Ou juste une invention de mon Supermarkt ?

En bonus, nos citrouilles de l’année :

Le vendeur de costume

J’ai un problème : je ne suis pas gros.

Contrairement aux buveurs de bières qui sont mal bâtis avec un gros ventre (et la rate qui se dilate et le foie bien trop gras), j’ai des épaules larges et un ventre normal. Je ne suis pas musclor, mais j’ai des gros os (c’est génétique, merci papa). Dis autrement : au lieu de ressembler à un homme enceinte, je suis plutôt du genre porte-manteau.

Or c’est avec mon gabarit que j’ai voulu aller m’acheter un costume ici à Munich.

Je rentre donc dans la boutique Hirmer, qui est grande et ne vend que des vêtements d’hommes.
Je traine dans les rayons zieutant les costumes,
le vendeur arrive (petites épaules, gros ventre…)
– est-ce que je peux vous aider ?
– oui, on cherche des costumes gris.
– Ah ! mais ce que vous avez dans les mains ce n’est pas du tout la bonne taille (je t’ai pas demandé de m’indiquer la taille, mais de me montrer des costumes gris, co..imbécile), je ne sais pas si vous voulez vraiment le porter comme ça large, si c’est une soirée clown (je ne sais plus les mots exacts mais c’était l’idée), mais sinon venez par là où j’ai des costumes plus petits.

Alors je viens par là. Il m’en sort un que j’essaie.
C’est un peu juste aux épaules et pour la longueur des bras.
Je lui dis.
Lui regarde le ventre, il dit « c’est encore trop large ».
Je lui répète que c’est étroit aux épaules, mais c’est encore un de ces imbéciles qui ne vous écoute pas car vous avez un accent étranger (alors que lui il a un accent bavarois de mes cou..deux).

Il arrive donc avec le costume qu’il pense de la bonne taille. J’ai du mal à rentrer dedans, je suis moulé comme une sardine (ou sardiné comme une moule), les manches sont trop courtes.
Lui il dit : « oui, c’est bien, ou éventuellement encore plus petit ».
Je lui dit que ça ne va pas du tout,
alors il répond que lui (l’expert !) il pense qu’il me faut plus petit et que si je suis pas d’accord, il ne peut pas s’interdire de me vendre un autre costume, mais il ne veut pas m’aider à choisir.
(je vous rappelle que ma question initiale était juste de savoir ce qu’ils avaient en gris…)

Il est parti (j’ai cru que c’était pour aller chercher un autre modèle) et n’est jamais revenu.
Alors j’ai fait pareil.

ça me rappelle un peu l’histoire de danger_publik qui se cherche une robe de mariage.

Pour gagner du temps et des nerfs, je vais donc maintenant acheter de préférence sur Internet (sauf Zalando Schrei vor Glück car les pubs m’énervent). Beaucoup de sites proposent le renvoi gratuit si l’article ne va pas. De plus, pas de vendeurs inutiles à payer, pas de gens à bousculer, essayage à domicile, et surtout de chez surtout, des vêtements classés par couleur et par taille !! (au lieu des boutiques qui classent par marque… gnngnngnn) Par exemple j’ai commandé (sur Amazon) un Calvin Klein (pas donné, c’était surtout pour essayer) mais il était trop « klein » alors je l’ai renvoyé, ce qui ne m’a rien couté !

Morale de l’histoire : y a pas Calvin Gross?

Oktoberfest et parano-Ja!

Chaque année, la ville de Munich craint une attaque terroriste à Oktoberfest, et chaque année ils ont des nouvelles idées géniales pour l’empêcher (apparemment surtout depuis 2009 où je sais pas quel terroriste a dit je sais pas quelle menace et a énuméré tous les pays qu’il connaissait, dont l’Allemagne).

L’année dernière, la police contrôlait les sacs des gens qui rentrent. Comme le week-end, on a de l’ordre de 500.000 visiteurs par jour, on ne peut pas contrôler tout le monde, et même si c’était possible, le terroriste se ferait exploser juste à l’entrée avant le contrôle, où il y a déjà plein de monde (particulièrement regroupés à cause du contrôle…).
Donc c’est nul.

Cette année, je ne sais pas s’il y a encore le contrôle des sacs, mais la peur est plutôt axée sur les voitures piégées. Et donc ils ont fermé les rues faisant le tour de l’Oktoberfest (encore plus que l’année dernière il me semble). Forcément, ça fait des bouchons dans d’autres rues, surtout aux heures de pointes.
Donc c’est nul.

en vert : Oktoberfest
en rouge : les rues bloquées
en bleu : là où j’habite et là où je travaille
 

Certes, la peur d’une attaque terroriste n’est pas entièrement de la paranoïa, puisque ça s’est déjà produit en 1980 (cf. Wikipedia en allemand http://de.wikipedia.org/wiki/Oktoberfestattentat) , faisant 13 morts. L’explosion aurait été causée par un extrémiste de droite.

L’explosion a eu lieu à l’entrée, dans une poubelle, et les deux contrôles de police ci-dessus n’auraient pas pu l’empêcher…

Faut-il boycotter Oktoberfest pour autant ? Nayez pas peur, les maths sont là pour nous rassurer :
il y a en moyenne 6 millions de visiteurs par an, soit 6*30 = 180 millions depuis 1980.
La probabilité de subir un attentat est donc de l’ordre de 1/10 millions, ce qui est très similaire à la probabilité de gagner au loto, d’autant plus que ce sont des prévisions pessimistes (si on évite l’entrée principale on diminue encore les risques et je n’ai pas compté les années avant 1980)
Donc bon… tout ça c’est un peu de la parano (conduire sa voiture est par exemple plus dangereux).

Par contre ce qui est terroriste c’est le prix de la bière.
9.20€ (le litre) cette année, 8.6€ l’année dernière…

Prix du litre de bière depuis 1970

On peut penser que c’est bien, car de toute façon les tentes sont pleines à craquer, et donc tant que les gens viennent, autant augmenter les prix (loi de l’offre et la demande). Mais il y a aussi des effets secondaires :

  1. l’année dernière, on donnait 10€ et gardez la monnaie. Cette année aussi : le pourboire a diminué.
  2. les djeun’s fauchés se bourrent avant, car la bière au supermarché, même estampillée Oktoberfest, ne coute que 1,5€ le litre. Du coup, les bourrés ne sont pas juste dans les tentes, mais ils sont partout dans la  ville.

Pour moi, Oktoberfest, ce n’est pas la fête d’octobre, ni la fête de la bière. C’est la fête du décolleté – vue plongeante depuis mon bureau – et du vomi – parcours du combattant le matin pour aller travailler. Hélas, cette année, je n’ai pas pu prendre de vacances au bon moment.

Avoir un trou (de mémoire)

Un quidam X. (français) que je connais, mais dont je préserve l’anonymat (et qui je l’espère ne lit pas ce blog, car je vais me moquer un peu) a voulu dire en allemand « j’ai un trou » (sous-entendu « de mémoire »).

X. a donc traduit littéralement par « Ich habe ein Loch im Kopf ». En racontant l’histoire, X. – qui s’enfonce un peu plus – a dit que les Allemands se sont moqués car – selon X. – il fallait probablement dire « Lücke » à la place de « Loch » et que X. confond toujours les deux et que c’est pas juste. En français, les deux mots se traduisent par « trou ».

Mais Loch et Lücke ce n’est pas la même chose.

– Loch je l’ai appris dans « Arschloch »… (trouduc), qui a les mêmes sens qu’en français.
– Lücke je l’ai appris pendant les cours de conduite : quand on se gare ou quand on change de voie, on cherche un Lücke entre les voitures.

Avec les dents on peut dire les deux. Un Loch dans les dents, c’est un trou (à reboucher), et un Lücke ce serait plutôt un trou/espace entre deux dents.

Donc, en pensant comme un français, c’est bien Loch qu’il faudrait utiliser, si seulement l’expression existait en allemand.

Pour aider X. (car je me moque, mais au fond je suis gentil), j’ai voulu lui donner la traduction en allemand de « j’ai un trou de mémoire », mais je ne la connaissais pas, alors tant pis.

Depuis, j’ai demandé à mon ami Leo. Selon Leo, on peut dire der ou das Black-out ou Blackout (apparemment, pas encore de norme ni sur l’orthographe, ni sur le genre). C’est un mot volé de l’anglais, car sinon on dirait « ein Schwarzaus« , mais c’est pas beau et ça n’existe pas.

Toujours selon Leo, il existe aussi un mot allemand : die Gedächtnislücke (littéralement « trou de mémoire »… tiens tiens). C’est donc Lücke qu’on utilise, et pas Loch, mais ça ne colle pas avec ce que j’ai dit plus haut. Comme si c’était un souvenir manquant entre deux souvenirs existants plutôt que vraiment un trou dans le cerveau. D’ailleurs c’est pareil en anglais : « memory gap » et pas « memory hole« . Bizarr… (prononcer « bi-tsar »)

Ça vous parait logique à vous ?

P.S.: Gedächtnislücke s’utilise aussi pour dire « une absence », quand pendant un moment on révasse. Dans ce cas, je vois bien pourquoi on dit « Lücke », c’est un espace (laps) de temps.

Vroumvroum la France

J’ai roulé pour la première fois en France, avec mes habitudes allemandes…

Mes impressions :

1. Mais où sont-ils tous passés ?? Les autoroutes françaises sont viiiiiiiiiiiiides (sauf aux alentours de Paris mais ça ne compte pas)

2. En particulier, la voie de gauche est extra-viiiiiiiiiiiiide

3. (après 10 minutes d’observation de la voie de gauche) youpi, je peux doubler sur la voie de gauche sans craindre qu’un inconscient arrive tout à coup à 200km/h (en Allemagne, je ne roule (presque) jamais sur la voie de gauche, car je me traine à 140 km/h)

France, vous connaissez.
Allemagne. Le carré bleu « 130 » indique une vitesse conseillée (Richtsgeschwindigkeit). Je ne pense pas que ce panneau existe en France.

4. 130 km/h c’est lent… (notamment pour doubler, et en particulier sur des autoroutes tellement vides).

4½. et en plus, si j’avais le permis Français, j’aurais le A de la honte sur le derrière avec obligation de rouler à 110km/h. Que je suis content d’avoir un permis allemand !!

5. Zut il pleut… limite à 110 km/h… c’est piiiiiiiiiiiire (en Allemagne, il n’y a pas de limite différente par temps de pluie, mais le code de la route mentionne qu’il faut adapter la vitesse aux conditions de la route et à la météo).

6. Vers Paris c’est le bordel (tout à coup plein de gens de partout et des entrées/sorties d’autoroutes tous les 100m. Merci mon GPS)

7. les petites routes en France sont vraiment petites, à peine la place pour ma voiture (tiens j’avais pas remarqué, mais c’est une rue à double sens en plus)

7½. et la qualité des petites routes est assez mauvaise (c’est l’inverse en Allemagne, petites routes bien goudronnées, mais autoroutes pouraves (sauf dans le Nord où ils profitent de toutes les subventions, m’apprennent certains Allemands du sud))

7¾. et j’en ai marre de tous ces trucs inutiles partout pour empêcher les gens de conduire normalement, comme des dos d’ânes qui abiment la voiture, des chicanes et des ronds points suivis de ronds points.

8. Le feu rouge passe au vert direct, sans la case rouge-orangée. On perd au moins une demi-seconde au démarrage, c’est inadmissible !

9. Je vais faire le plein. En bon Allemand, j’ai appris à me méfier du SP95 E-10 qui soi-disant abime le moteur, et donc je cherche du E-5 (que l’on trouve encore partout en Allemagne, alors que le E-10 n’est pas toujours proposé). Mais… il n’y a que de E-10 en France ? Et il n’y a pas eu de révoltes ?

10. Parking de Auchan. Ok, je me gare, loin de tous les autres, et je surveille la voiture du coin de l’œil, car vu les épaves (ça roule encore ça ?) et les voitures abimées (Hého les Français : les bosses ça se répare, les rayures ça se repeint… une voiture, ça se lustre tous les samedis) qui trainent, j’aimerais pas qu’on me fasse une rayure sur ma belle voiture toute neuve (ça c’est mon côté très allemand). Eh c’est quoi cette bonne femme qui s’attarde devant ma voiture… T’as jamais vu une voiture neuve ?

Maintenant me revoilou en Allemagne, ouf ! Les travaux sur l’autoroute Munich-Karlsruhe devraient durer jusqu’en 2015, bof ! Et j’en ai marre des Schneckenrennen Elefantenrennen !

Quoi c’est un Elefantenrennen ? Littéralement « course d’éléphants », c’est un camion qui tout à coup change de voie (en général sans regarder si quelqu’un arrive derrière, ils mettent le clignotant et hop… sensation forte garantie quand on est juste à côté du camion, ça m’est arrivé et je ne suis pas le seul), et accélère à fond jusqu’à 91 km/h pour doubler un autre camion qui se traine à 90 km/h.

Rendez-moi mon humour !

J’ai déjà raconté mon trouble profond pour comprendre l’humour allemand (que l’on pourrait appeler fossé culturel). Et bien il semblerait que mon humour est en pleine métamorphose, et que bientôt les blagounettes franchouillardes ne me fasse plus que rictusser (au lieu de rire (oui, je sais, le verbe n’existe pas)).

On (un français) m’a raconté en effet tantôt la blague suivante, sous forme d’une devinette :

– Quelle est la dernière chose qui passe par la tête d’un moustique s’écrasant sur le pare-brise d’une voiture ?

Sur ce coup là, j’étais sûr de moi, je la connaissais !
J’ai donc répondu sans hésitation :
Le moustique se dit :
– PasuneRenaultpasuneRenaultpasuneRenault…

et en fait c’était pas ça la blague.

J’ai honte…

la prochaine fois je dirai que je ne connais pas la réponse.



PS : Pour la réponse, vous pouvez Googler, ou jouer en commentaire.
Indice 1 : c’est pas non plus une autre marque de voiture.
Indice 2 : c’est une blague française.


PPS : et la réponse à « à quoi reconnait-on un motard heureux ?« , c’est quelle marque de moto qu’il conduit encore ? j’ai oublié…

Passer le permis en Allemagne (3) : la pratique

Pour les épisodes précédents, voir :
Passer le permis (1) : s’inscrire
Passer le permis (2) : la théorie

En Allemagne, comme en France, quand on demande « combien de temps dure une heure de conduite ? », la réponse est la même « c’est comme à l’école ». Sauf que, en France, une heure d’école dure 55 minutes. En Allemagne, c’est 45 minutes. Donc, en toute logique, 2 heures de conduite durent 1h30… (je vous laisse faire le calcul pour 4 heures)

Alors il ne faut pas s’étonner si le nombre d’heures moyen est plus élevé en Allemagne. J’ai passé le permis après 37 heures de leçons, ce qui, m’a-t-on dit, est plutôt pas mal. La moyenne nationale est de 42 heures. En France, c’est plutôt 30, non ? [Quoique avec la conduite accompagnée, ça fausse les statistiques. D’ailleurs en Allemagne, la conduite accompagnée est finalement très peu répandue, car possible uniquement à partir de 17 ans, et le permis normal à 18 ans, donc ça ne vaut pas vraiment le coup]

Ici, le prix maximal de l’heure de conduite est fixé par la loi. Il est de 35€ de l’heure (enfin des 45 minutes) pour une heure normale, et 45€ de l’heure pour une heure obligatoire (qui dure aussi 45 minutes, qui est aussi avec la même voiture, le même moniteur, mais qui coûte quand même plus cher, pour une raison qui m’échappe). C’est le prix maximal autorisé, mais c’était aussi le prix de mon notoécole. Maintenant ils sont d’ailleurs passé à 37/47. Pas de tarifs « 25 heures à prix réduit », ici on paye chaque heure. D’ailleurs, on la paye directement au moniteur à chaque cours, et non par groupe de 5-10 au bureau.

Les heures obligatoires (Sonderfahrstunden, littéralement « heures de conduites particulières/exceptionnelles », mais qui est un euphémisme pour dire « obligatoire », sauf que « Pflichtfahrstunden » ça aurait fait un peu trop autoritaire), j’ai mis un peu du temps à comprendre comment qu’est-ce que ça marche. Je sais pas si c’est partout pareil, mais dans mon auto-école c’était ainsi :

  1. D’abord, on prend des heures de cours, pour apprendre à conduire (jusque là, tout à fait normal).  Il se peut que ces heures de cours soient la nuit, ou sur autoroute.
  2. Ensuite, quand on sait à peu près bien conduire (après 25-30h environ), on fait les 12 Sonderfahrstunden d’un coup, qui sont composées de 5 heures en dehors de la ville, 4 heures sur autoroute, et 3 heures la nuit. Je sais pas pour vous, mais moi je trouve que la conduite hors ville (en campagne donc) et sur autoroute est le plus facile, et donc c’est bizarre d’attendre de savoir déjà conduire pas mal pour faire ça. C’est bizarre aussi de payer plus cher un cours plus simple… Pour les heures de nuit, comme j’ai commencé en novembre, j’ai appris pendant tout l’hiver (neige + nuit = fun), donc les heures de nuit étaient aussi trop tard.
  3. Après avoir fait les Sonderfahrstunden, on a le droit officiel de s’inscrire au permis de conduire, mais avant, on fait 1-2 heures de faux examen avec le moniteur, car après toutes ces heures faciles, on a oublié comment conduire en ville. Quand il est content, on s’inscrit et on fait à nouveau 2-3 faux examens en attendant.

Avantage par rapport à la France (du moins par rapport à là d’où je venais, banlieue parisienne), c’est que quand on s’inscrit pour l’examen, on trouve un place après 1 ou 2 semaines, même si on rate et qu’on doit le repasser. En France on m’avait annoncé un délai de 4 à 6 mois entre chaque passage, le temps d’oublier comment on conduit (et payer plus de cours).

Concernant la qualité des cours reçus, les moniteurs d’Allemagne m’ont moins l’air de branleurs que ceux que j’ai vu en France. Par exemple, ils parlent allemand couramment, c’est déjà pas mal hein!
Sauf le premier moniteur que j’ai choisi car il avait un emploi du temps assez vide, mais qui était un super-connard : déjà il ne parlait pas allemand couramment, mais bavarois, et en plus ils me criait dessus à chaque erreur que je faisais, ce qui ne vas pas du tout pour un enseignant (surtout que je ne suis pas un jeune boutonneux de 18 ans, je suis un vieux boutonneux de 28 ans). Pour compléter le tableau, il mettait la radio pendant l’heure de conduite (au lieu de me parler) et chantait avec la radio ou récitait les publicités, sauf quand il utilisait le téléphone pour téléphoner à sa femme. Bizarrement, il a quitté l’auto-école assez vite, alors qu’il était prévu qu’il y obtienne un poste permanent. Bon bref, le moniteur que j’ai eu ensuite était très très bien.

Après tout ça, arrive le jour J du permis. Ça se passe comme en France, aux différences que : on ne passe pas par deux élèves, mais tout seul, et l’examinateur ne s’installe pas à côté du conducteur, mais derrière. C’est donc le moniteur qui reste à côté, mais la voiture est programmée pour faire bèèèèèèèèèp si il appuie sur une pédale, et donc tout le monde sait que c’est perdu. Par contre, le coup de l’examinateur qui touche le volant juste pour dire qu’il l’a touché car ses quotas sont déjà fait pour le mois, ça ne peut pas exister avec ce système.

Après, si on a bien conduit, l’examinateur (qui a papoté pendant tout le trajet avec le moniteur, mais à quand même vu toutes mes zerreurs) donne directement le permis format carte de crédit qui avait déjà été préparé à l’avance (il a juste à mettre la date). Pas d’attente, pas de suspens inutile !

Moi, comme un bon français, j’ai cru que c’était un permis temporaire. Et donc quand j’ai demandé comment l’échanger contre un vrai permis, ils n’ont pas compris la question…

PS : pour la question éternelle de la vitesse, j’ai conduit la vitesse maximale autorisée (pas 5-10 de plus comme certains conseillent, mais le compteur juste sur 50), et je n’ai pas eu de réflexions à ce sujet.

Vermeer à Munich, arnaque en Bavière

Aujourd’hui était le dernier jour de l’exposition « Vermeer in München ». Donc vous ne la verrez pas, et c’est tant mieux.

Car, comme son nom l’indique, dans l’exposition « Vermeer in München » il n’y a qu’une peinture de Vermeer (Vermeer est en singulier dans le titre…), parmi une trentaine de peintures exposées ! Il y avait par exemple deux peintures d’un certain Paulus Potter. Donc l’exposition aurait pu plus justement s’appeler « Potter in München » (ça change de Hogwarts).

En plus, la salle était bondée, la peinture petite (au moins plus petite que la Joconde) et chaque individu se croyant plus malin que les autres, ou voulant rentabiliser son ticket, a tenu absolument à prendre en photo la peinture.

Donc finalement, le mieux est de ne pas payer pour l’exposition, de rentrer directement par la boutique de souvenirs et de feuilleter le livre de l’exposition. On voit alors mieux la peinture que dans le musée (en plus mal éclairé, trop chaud, etc.) Moi, ce n’est pas trop grave, car un gentil couple, qui s’est probablement senti arnaqué, nous ont offert leurs tickets en sortant, donc j’ai eu l’entrée gratuite, mais je ne le dis pas car c’est illégal.

Pour tous les idiots qui prennent des photos dans les musées : ça ne sert à rien, tout est déjà sur Internet en meilleure résolution. Par exemple sur Wikimedia Commons. Alors profitez de l’exposition avec vos yeux, et arrêtez d’embêter tout le monde.

La peinture en question était donc la femme portant une balance, qu’ils ont fait venir des États-Unis.

Woman-with-a-balance-by-Vermeer

Pour vraiment vous éviter l’expo : on voit la femme qui tient une balance (donc elle fait un jugement), ce qui est à rapprocher de la peinture du fond qui représente le jugement dernier.

Remarquez aussi les jeux de lumière. Ici c’est pas le musée, on a le temps d’observer tous les détails.

PS: le titre de l’article est à rapprocher des deux expositions temporaires du jour à la Alte Pinakothek: « Vermeer in München, Cranach in Bayern ».