Archives mensuelles : mai 2011

Passer le permis en Allemagne (2) : la théorie

Si vous avez manqué le début, il faut d’abord s’inscrire.

Après (et même avant !), on peut se préparer à la théorie.

En France, c’était facile : on s’inscrit et on reçoit un livre, qu’on lit si on a envie, puis après on vient de temps en temps à l’auto-école pour passer des tests en blanc, et quand on fait une erreur, le moniteur explique. Ensuite on passe le vrai test dans une espèce de salle de cinéma avec des questions qui ne sont pas connues à l’avance.

En Allemagne c’est pareil mais ça n’a rien à voir.

D’abord, il y a des cours de théorie. Pas juste des QCM avec les réponses expliquées, mais des vrais cours de type présentations Powerpoint avec un moniteur qui présente. Les cours sont au nombre de 14 et durent 1h30 chacun. Dans mon auto-école, c’était 4 cours par semaine (du lundi au jeudi), à partir de 18h30 (pour une fois, pratique pour les gens qui travaillent (moi moi)). Chaque jour, le numéro du cours s’incrémente. Si on veut faire les 14 cours, il faut donc bien viser les jours où on y va, car si on rate le numéro que l’on voulait, il ne revient que 3 semaines plus tard. Attention aussi aux jours fériés (je me suis fait avoir…)

Ils ont quand même prévu qu’on puisse rater 1 ou 2 cours parmis les 14, mais dans ce cas il faut faire 1 ou 2 autres cours en double. Ne me demandez pas la logique, s’il vous plait. De plus, on n’a pas le droit de rater les cours 13 et 14 qui sont vachement importants puisqu’on n’a pas le droit de les rater. Aller aux cours donne le droit de se présenter à l’examen.

Une autre différence d’avec la France, c’est que quand on s’inscrit, on ne reçoit pas automatiquement un livre. L’auto-école propose tout de même un livre, mais il coute 30 euros et c’est en allemand. Comme on a le choix, on hésite : y a d’autres livres mieux ? moins chers ? en français ? faut-il vraiment un livre ou peut-on tout trouver sur Internet ?

J’ai donc commencé par Internet. J’ai trouvé en ligne le texte de loi du code de la route ( http://www.gesetze-im-internet.de/bundesrecht/stvo/gesamt.pdf ). Je l’ai téléchargé comme ça, sans trop y croire ; je m’attendais à quelque chose de complètement illisible mais en fait c’est tout à fait abordable, notamment la deuxième moitié où c’est presque que des images…

Avec ça on a réponse aux questions concernant la priorité, les limitations de vitesses, les panneaux, etc. le code quoi. Par contre, dans les questions théoriques, il y a aussi des questions techniques. Par exemple « quand je freine, ma voiture à tendance à se déporter vers la gauche, keskivapa ? » ou « mon feu de position ne s’allume plus, quel peut être le problème ? » (il n’y a pas la réponse « je vais voir le garagiste »).

Pour ça, le plus simple est d’apprendre les questions par coeur. En effet, contrairement à la France, en Allemagne toutes les questions sont connues à l’avance. Il y en a environ 950 pour le permis B, dont 30 seront sélectionnées au hasard le jour du test. On peut les consulter gratuitement en ligne ( sur fahrschule.de ). L’autre méthode est d’aller chercher un CD à la bibliothèque, mais celui que j’avais trouvé contenait des réponses fausses. Achtung donc ! Il y a aussi le risque que le CD ne soit pas assez récent et ne contienne pas les dernières questions.

J’ai donc appris les 950 questions et leurs réponses par cœur. Et il y a tout plein de mots techniques allemands trop compliqués ! J’ai bien essayé de me faire un lexique ( ici ) mais je n’ai pas réussi à tout retenir. Mais en fait, pas la peine de comprendre le mot ou la réponse (par exemple de cette question…), il faut juste savoir où cliquer. Attention au piège cependant : même si les questions et les réponses sont connues à l’avance, l’ordre des réponses peut changer ! (durdur, hein ?)

Le système des questions est aussi différent de la France. Il y a plusieurs types de questions, depuis les questions importantes à 5 points (qui a la priorité ?) aux questions pas trop importantes à 2 points. Sur les 30 questions, il faut perdre au maximum 10 points, et pas plus d’une question à 5 points.

Le jour du test, on n’a pas la télécommande pourri de France où on ne sait jamais si les réponses sont bien enregistrées (à moins que ça ait changé ?), on a chacun une tablette graphique tactile individuelle. Ce qui est bien c’est qu’on peut revenir sur les questions, pour revérifier, et il n’y a pas de pression au niveau du temps (mais quand on connait les réponses de toute façon, ça va vite). Quand on a fini, on poireaute un peu, puis le résultat s’affiche sur l’écran.

Grace à ce système de tablettes individuelles, il est possible de choisir sa langue, parmis 10 langues je crois. Moi j’ai choisi de le passer en allemand plutôt qu’en français car (au choix) :
– en français c’était plus cher
– ça me force à travailler un peu mon allemand
– de toute façon les CDs et les ressources sur Internet sont en allemand
– de toute façon le moniteur parle en allemand (éventuellement bavarois) pour les cours de conduite, alors il vaut mieux apprendre les mots.

Et puis d’abord, même en allemand, j’ai fait 0 fautes du premier coup ! Je suis fier comme un poux (Stolz wie eine Kopflaus??) et je m’en réjouis comme une escalope.

Cliquez ici pour lire la suite.