Archives mensuelles : juillet 2011

Passer le permis en Allemagne (3) : la pratique

Pour les épisodes précédents, voir :
Passer le permis (1) : s’inscrire
Passer le permis (2) : la théorie

En Allemagne, comme en France, quand on demande « combien de temps dure une heure de conduite ? », la réponse est la même « c’est comme à l’école ». Sauf que, en France, une heure d’école dure 55 minutes. En Allemagne, c’est 45 minutes. Donc, en toute logique, 2 heures de conduite durent 1h30… (je vous laisse faire le calcul pour 4 heures)

Alors il ne faut pas s’étonner si le nombre d’heures moyen est plus élevé en Allemagne. J’ai passé le permis après 37 heures de leçons, ce qui, m’a-t-on dit, est plutôt pas mal. La moyenne nationale est de 42 heures. En France, c’est plutôt 30, non ? [Quoique avec la conduite accompagnée, ça fausse les statistiques. D’ailleurs en Allemagne, la conduite accompagnée est finalement très peu répandue, car possible uniquement à partir de 17 ans, et le permis normal à 18 ans, donc ça ne vaut pas vraiment le coup]

Ici, le prix maximal de l’heure de conduite est fixé par la loi. Il est de 35€ de l’heure (enfin des 45 minutes) pour une heure normale, et 45€ de l’heure pour une heure obligatoire (qui dure aussi 45 minutes, qui est aussi avec la même voiture, le même moniteur, mais qui coûte quand même plus cher, pour une raison qui m’échappe). C’est le prix maximal autorisé, mais c’était aussi le prix de mon notoécole. Maintenant ils sont d’ailleurs passé à 37/47. Pas de tarifs « 25 heures à prix réduit », ici on paye chaque heure. D’ailleurs, on la paye directement au moniteur à chaque cours, et non par groupe de 5-10 au bureau.

Les heures obligatoires (Sonderfahrstunden, littéralement « heures de conduites particulières/exceptionnelles », mais qui est un euphémisme pour dire « obligatoire », sauf que « Pflichtfahrstunden » ça aurait fait un peu trop autoritaire), j’ai mis un peu du temps à comprendre comment qu’est-ce que ça marche. Je sais pas si c’est partout pareil, mais dans mon auto-école c’était ainsi :

  1. D’abord, on prend des heures de cours, pour apprendre à conduire (jusque là, tout à fait normal).  Il se peut que ces heures de cours soient la nuit, ou sur autoroute.
  2. Ensuite, quand on sait à peu près bien conduire (après 25-30h environ), on fait les 12 Sonderfahrstunden d’un coup, qui sont composées de 5 heures en dehors de la ville, 4 heures sur autoroute, et 3 heures la nuit. Je sais pas pour vous, mais moi je trouve que la conduite hors ville (en campagne donc) et sur autoroute est le plus facile, et donc c’est bizarre d’attendre de savoir déjà conduire pas mal pour faire ça. C’est bizarre aussi de payer plus cher un cours plus simple… Pour les heures de nuit, comme j’ai commencé en novembre, j’ai appris pendant tout l’hiver (neige + nuit = fun), donc les heures de nuit étaient aussi trop tard.
  3. Après avoir fait les Sonderfahrstunden, on a le droit officiel de s’inscrire au permis de conduire, mais avant, on fait 1-2 heures de faux examen avec le moniteur, car après toutes ces heures faciles, on a oublié comment conduire en ville. Quand il est content, on s’inscrit et on fait à nouveau 2-3 faux examens en attendant.

Avantage par rapport à la France (du moins par rapport à là d’où je venais, banlieue parisienne), c’est que quand on s’inscrit pour l’examen, on trouve un place après 1 ou 2 semaines, même si on rate et qu’on doit le repasser. En France on m’avait annoncé un délai de 4 à 6 mois entre chaque passage, le temps d’oublier comment on conduit (et payer plus de cours).

Concernant la qualité des cours reçus, les moniteurs d’Allemagne m’ont moins l’air de branleurs que ceux que j’ai vu en France. Par exemple, ils parlent allemand couramment, c’est déjà pas mal hein!
Sauf le premier moniteur que j’ai choisi car il avait un emploi du temps assez vide, mais qui était un super-connard : déjà il ne parlait pas allemand couramment, mais bavarois, et en plus ils me criait dessus à chaque erreur que je faisais, ce qui ne vas pas du tout pour un enseignant (surtout que je ne suis pas un jeune boutonneux de 18 ans, je suis un vieux boutonneux de 28 ans). Pour compléter le tableau, il mettait la radio pendant l’heure de conduite (au lieu de me parler) et chantait avec la radio ou récitait les publicités, sauf quand il utilisait le téléphone pour téléphoner à sa femme. Bizarrement, il a quitté l’auto-école assez vite, alors qu’il était prévu qu’il y obtienne un poste permanent. Bon bref, le moniteur que j’ai eu ensuite était très très bien.

Après tout ça, arrive le jour J du permis. Ça se passe comme en France, aux différences que : on ne passe pas par deux élèves, mais tout seul, et l’examinateur ne s’installe pas à côté du conducteur, mais derrière. C’est donc le moniteur qui reste à côté, mais la voiture est programmée pour faire bèèèèèèèèèp si il appuie sur une pédale, et donc tout le monde sait que c’est perdu. Par contre, le coup de l’examinateur qui touche le volant juste pour dire qu’il l’a touché car ses quotas sont déjà fait pour le mois, ça ne peut pas exister avec ce système.

Après, si on a bien conduit, l’examinateur (qui a papoté pendant tout le trajet avec le moniteur, mais à quand même vu toutes mes zerreurs) donne directement le permis format carte de crédit qui avait déjà été préparé à l’avance (il a juste à mettre la date). Pas d’attente, pas de suspens inutile !

Moi, comme un bon français, j’ai cru que c’était un permis temporaire. Et donc quand j’ai demandé comment l’échanger contre un vrai permis, ils n’ont pas compris la question…

PS : pour la question éternelle de la vitesse, j’ai conduit la vitesse maximale autorisée (pas 5-10 de plus comme certains conseillent, mais le compteur juste sur 50), et je n’ai pas eu de réflexions à ce sujet.