Archives annuelles : 2012

Zanzibar?

Ça fait maintenant un peu plus de 5 ans que je vis dans ce pays plein d’Allemands partout. Parfois je crois que je comprends très bien l’allemand, notamment les phrases de la vie quotidienne, et malgré les accents que se traînent certains. D’autres fois, j’ai l’impression que je suis toujours aussi nul.

Ainsi, l’autre jour alors que je faisais mes courses, la caissière me dit bonjour (normal), et puis elle passe tous mes articles (normal), et alors que je m’apprêtais à payer, elle me dit :
– Zanzibar ?

Et là, mon cerveau perplexe, envisage plusieurs hypothèses, de préférence assez vite pour ne pas rester planté comme un gland avec les autres clients qui attendent derrière pour passer.

1. La caissière a de l’humour, elle me dit un mot au hasard (comme je fais parfois), et alors il suffit de répondre une connerie du même niveau : « Tombouctou ! »

2. La caissière me propose des vacances en promo offertes par le magasin. Mais j’en veux pas : « Nein danke! ».

3. J’ai rien compris. Au choix, on répond avec les yeux écarquillés « Waaaaas?!?!? » ou de manière plus polie, en levant légèrement un sourcil : « Wie bitte? ».

Dans le même genre, une autre caissière voulait me vendre du ketchup avec mes chaussures

C’est pas toujours facile de parler avec des allemands qui n’ont pas un aussi bel accent que le mien. D’un autre côté, ça me donne des idées pour remplir mon blog.

PS: J’expliquerai le « Zanzibar » dans un prochain post consacré à Aldi.

Qui a raison ?

Quelques éternels points de disputes non-accord entre « C moi » (le français, que j’appellerai plus simplement « C »)  et « D girl » (deutsch, « D »)

Le camion de pompier
C: pimpooon pimpooon
D: Mais non, ça fait « tatü tata »
C: Je comprends bien que ça peut pas faire « pimpon » à cause de l’absence de nasales dans la langue, mais pourquoi une fois « tatü » puis « tata » alors que c’est deux fois le même son ?
D: bah !

Le rhume
C: J’ai un chat dans la gorge.
D: Mais non, tu as une grenouille (du hast einen Frosch im Hals).
C: Mais non, un chat, c’est les poils du chat qui grattent !
D: Mais est-ce que ça fait « miaou » ou plutôt « brrrp »
C: bah !

La douleur
C: aïe ! (3 lettres, 1 syllabe)
D: mais non, aua (3 lettres, 3 syllabes… ça se prononce « Ah ! Où ? Ah ! »)
C: C’est trop long !
D: ach.

Les bandes dessinées
C: Asterix et Obelix et Abraracourcix et..
D: C’est qui Abraracourcix ?
C: C’est le chef.
D: Ah, Majestix, comme majesté, logique, mais pourquoi Abraracourcix.
C: Ben passke c’est drôle ?
D: Bof Majestix c’est meilleur.
C: ouais mais Assurancetourix le barde, ça c’est drôle (enfin je dis ça par principe, mais j’ai jamais trouvé ce nom terrible, quand elle va lire ça elle va se moquer de moi).
D: Ah ! Trubadix, comme troubadour, logique. Mais pourquoi assurancetourix ?
C: Ben euh (tentative d’explication bidon) parce qu’il chante tellement mal qu’il faut une assurance contre ça ?
D: Bof.
C: Et Panoramix c’est pas drôle peut-être ?
D: Miraculix ! Parce qu’il fait des miracles. Quel est le rapport avec panorama ?
C: Bah! … Ouais mais alors Picsou ?
D: Mais nooon ! Dagobert !
C: Rapetou !
D: Panzerknacker !
C: Gripsou !
D: Mac Moneysac !
C: Geo Trouvetou !
D: Daniel Düsentrieb !

Bref, impossible de se mettre d’accord.

Oink oink

On me dit « je suis passé sur ton blog, et depuis l’explosion, plus rien ».

C’est parce que je ne veux pas vous raconter mes visites de terrains, de constructeurs de maisons, de banques, de vendeurs de cuisines, de parquet, de douche, et de matelas. C’est important mais je ne veux pas vous ennuyer avec ça, surtout que ça n’a rien de différent de comment c’est en France.

Donc, je vais vous parler de oink oink.

Il y a quelques émissions ici à la télé, dont le concept est de partir d’un resto qui ne fonctionne pas bien financièrement, d’y faire intervenir les caméras qui filment des chefs cuisiniers (plus ou moins célèbres en dehors de l’émission, plus ou moins condescendants et insupportables), qui vont essayer de comprendre ce qui ne marche pas dans le resto (généralement, la bouffe est dégueux et la cuisine est sale), éduquer un peu les gens pour sauver le resto, et revenir quelques mois plus tard pour voir si c’est mieux.

L’une de ces émissions, « Küchenchefs », fait intervenir un chef qui parle allemand comme j’imagine que Donald parlerait allemand. Ça fait « oink oink ».

Je ne sais pas ce qu’il dit. C’est surement très intéressant, mais je n’arrive pas à me concentrer à cause de sa voix.

D’ailleurs je me moque peut-être un peu, mais je trouve que c’est pas très gentil de maltraiter sa langue maternelle comme ça, et puis c’est de la discrimination contre les étrangers qui essayent désespérément de parler haut-allemand proprement, sans accent.

Bon mais en fait, Donald c’est pire :

Depuis que je suis en Allemagne, je ne peux plus regarder de dessins animés, car je comprends rien.

Boom !!

C’était le 29 aout à Munich, dans le quartier de Schwabing, en plein centre ville donc :




Lors de travaux de rénovation d’un immeuble, une bombe de la seconde guerre mondiale a été retrouvé sous le sol. Ça ce n’est pas vraiment une grande nouvelle. Ça arrive plusieurs fois chaque mois. Après guerre, ils ont reconstruit très vite, sans vérifier ce qu’il y a dans le sol, et maintenant lorsqu’ils rénovent de vieux bâtiments, ils vérifient systématiquement, notamment en passant un détecteur de métaux.

La bombe trouvée était encore intact. D’habitude, ces bombes sont simplement désamorcées par les professionnels, mais celle-ci est une bombe différente des autres, où ils ont dit que la tentative de désamorçage provoquerait très certainement l’explosion. Contrairement aux bombes de d’habitude, celle-ci était faite pour détonner non pas lorsqu’elle touche le sol, mais quelques jours plus tard. L’idée est que lors de raids aériens, les gens évacuent la ville et attendent que ça se passe. Ils reviennent ensuite 1-2 jours plus tard pour dégager les débris, trouver les survivants, etc. et c’est là que cette bombe spéciale intervient.

Comme ils ont vu qu’ils ne pouvaient pas désamorcer la bombe, ils ont décidé de la faire sauter dans une explosion contrôlée (aucun blessé, et seulement un bâtiment brûlé, et des vitres éclatées, on peut dire que c’est bien). D’habitude, ils ne font pas d’explosion la nuit, mais le lendemain était un jour de pluie. Or, dans l’explosion contrôlée, ils mettent de la paille autour de la bombe pour amortir le choc de la détonation, et la paille mouillée serait trop dense et ferait comme des boulets de canons (la paille sèche, certes prend feu, mais les pompiers étaient sur place). En rajoutant quelques sacs de sables judicieusement placés, ils ont guidé l’explosion pour avoir un champignon (atomique !!) vers le haut, au lieu d’une explosion crado dans tous les sens.

Une des grandes questions qui se pose maintenant est “qui paye les dégats ?”. La réponse immédiate “ben l’assurance bien sûr”, n’est pas si évidente, car la bombe est due à un acte de guerre, et les guerres ne sont en général pas couvertes par les assurances. Les deux autres alternatives sont : (1) celui qui a décidé de faire sauter la bombe, car il aurait pu aussi décider de la laisser là et il n’y aurait pas eu de dégat ou (2) celui à qui appartient la bombe, c’est-à-dire les Américains (je sais pas pourquoi, mais j’ai pas l’impression qu’ils vont avoir envie de payer). Et donc finalement c’est l’état qui va payer (i.e. tout le monde à travers les impots).

D’après les estimations statistiques, on connaîtrait à peu près le nombres de bombes non-explosées, et on en aurait trouvé environ ⅓… Les bombes se trouvent principalement proches des voies ferrées. Moi aussi.

Les prêts en Allemagne

Puisque personne n’a pas rien compris à c’est comment ça marche un prêt en Allemagne (même les banquiers n’ont pas l’air de savoir, ou alors ils définissent des termes compliqués avec d’autres termes compliqués qui se mordent la queue), alors je vais tout vous expliquer et vous aller tout comprendre, car en fait c’est facile.

Par rapport à un prêt français, il y a deux grandes différences :
– la première est qu’un prêt allemand n’est pas à durée déterminée (comme les études d’ailleurs, il leur a manqué un Descartes dans leur histoire). On ne dit pas « j’ai fait un prêt sur 30 ans », mais « j’ai un taux fixe sur 15 ans ».
– la deuxième c’est qu’on n’est pas limité à 30% du salaire. Le banquier regarde combien d’argent on a besoin pour vivre (y compris les vacances) et nous prend volontiers tout le reste.

Donc on oublie tout ce qu’on sait sur les prêts français et on recommence du début.

Imaginons qu’on veut faire un Darlehen (emprunt) pour une Darlehenssumme (somme) de 100.000€. Les banques proposent généralement des Darlehen à Festzins (taux fixe) sur 5, 10 ou 15 ans. Imaginons un Festzins sur 15 ans à 3% de Zinsen (taux d’intérêt).

Il y a un truc qui s’appelle le anfänglicher Tilgung, qui est généralement de 1%, et qui définit le minimum du capital que l’on doit rembourser la première année. Tilgung, ca veut dire « remboursement du capital », on comprendra que j’utilise souvent le terme allemand qui est plus compacte.
Donc, avec le angänglicher Tilgung de 1%, et les Zinsen de 3%, ca fait 4% du total à rembourser la première année, soit 4.000€. C’est ces 4.000€ qui définissent le remboursement minimum que l’on peut faire par an pendant 15 ans. La première année, ca fait un Tilgung de 1%, la deuxième année (capital restant 99.000€), il faut payer 3% = 2970€ de Zinsen, donc dans les 4.000€, il reste 1030€ pour le Tilgung, soit 1,03% de la somme initiale. C’est comme tous les prêts, le Tilgung augmente chaque année.

Un calcul de cochon dirait que comme on fait un Tilgung de 1% la première année, il faudrait 100ans pour rembouser 100%, mais en fait comme le Tilgung augmente chaque année, il ne faut « que » 48 ans, et en incluant les Zinsen, le coût total du Darlehen aura été de 192.000€ (environ le double de la somme empruntée… – je vous épargne les tableaux Excel, mais si vous avez besoin d’aide sur les calculs, je suis au point).

Sauf que le Zins est fixe seulement sur 15 ans, et on ne sait pas ce qui se passe après. Donc le banquier ne va pas dire « vous aller rembourser le prêt dans 48 ans, c’est bien », mais donnera le Restschuld (la somme qu’il reste à payer) après 15 ans : « très cher Kip, dans 15 ans, vous nous devez 83.000€, viel Spass ». C’est-à-dire qu’on a pas remboursé grand chose. Après 15 ans, il faut refaire un prêt, et si les intérêts sont passés à 10%, et que le salaire n’a pas suivi, on est dans la misère. Comme la banque a une hypothèque sur la maison, et que les prix de l’immobilier ont surement augmenté, ça lui est égal si on ne peut pas rembourser. On a déjà payé plein d’intérêt, et maintenant elle peut vendre la maison aux enchères, c’est la fête.

Heureusement, c’est là qu’intervient le Sondertilgung (remboursement de capital exceptionnel), et le verbe qui va avec c’est « sondertilguer ».
Dans le prêt de la banque, en général sous la ligne « anfäglicher Tilgung 1% », il va y avoir écrit « Sondertilgung 5% ». C’est-à-dire que tous les ans, si il nous reste des sous, on peut se payer une nuit au Sofitel, ou alors on peut rembourser du capital. C’est limité à 5% du capital initial par an (donc maximum 5.000€ dans l’exemple du dessus), car la banque veut, certes, qu’on lui rembourse son prêt, mais bizarrement pas trop vite quand même. Donc, même si on gagne au lotto, on ne peut pas sondertilguer sa race au prêt, on doit se le trainer encore quelques années.

Évidemment, comme j’ai dit plus haut, le anfäglicher Tilgung n’est qu’un minimum. On peut aussi s’arranger avec la banque pour tilguer 5% du capital la première année (et plus par la suite), ce qui avec le sondertilgung de 5% fait un total de mettage-de-claque à son prêt d’au moins 10% du capital initial, et un remboursement en moins de 10 ans, si on a les moyens. Le problème de s’imposer un tilgung de 5%, c’est que si une année on a des soucis financier, il y a peu de marge de manoeuvre. Je préfère personnellement un tilgung de 1%, et le reste en sondertilgung, mais ça oblige de gérer ses sous un minimum.

En plus de ça, il y a un truc de la loi allemande qui dit que tout prêt peut être renégocié – à l’initiative de client – après 10 ans. Donc, si on fait un prêt sur 15 ans, et que les taux ont baissé après 10 ans, on peut aller voir la banque, ou une autre banque, et racheter le prêt avec un autre plus günstig. La banque va pleurer, mais c’est obligé par la loi. Si on a gagné au lotto, on peut sondertilguer tout ce qu’il reste de capital après 10 ans.

Enfin un dernier point, qu’aucun banquier ne sait expliquer, et que j’ai donc dû m’expliquer à moi-même, c’est la différence entre le Sollzinssatz (aussi appelé « nominaler Jahreszins ») et le « effektiver Jahreszins ». On verra par exemple « Sollzinssatz 3%, effektiver Jahreszins 3,02% ». En très simple, le Sollzinssatz est le chiffre qui apparait en gros, et le effektiver Jahreszins est le taux d’intérêt qu’on paye en réalité. Et l’explication c’est comme suit :

Du temps où les banques étaient gentilles, les Tagesgeldkonto (comptes épargne) étaient capitalisés tous les mois (en Allemagne du moins). On touchait donc un taux d’intérêt de par exemple 2% par an, mais ces 2% étaient divisés en 12 mois, et chaque mois, l’intérêt perçu rejoint le capital et génère lui même des intérêts pour les mois suivants. On gagne donc en réalité des pouillèmes de plus que 2%. Depuis le temps, les banques sont moins gentilles, et la capitalisation était faite tous les trimestres, et depuis la crise de 2008, tous les ans (ça dépend de chaque banque individuellement, mais c’est mon impression générale).

Et bien pour les prêts, c’est l’inverse mais c’est pareil. Les intérêts que l’on doit sont calculés pour chaque mois, et le mois suivant on doit payer des intérêts sur les intérêts, et comme par hasard, ça ils n’ont pas pensé à le changer en un truc trimestriel ou annuel.

Voilà j’espère que c’est comprendrisible et rabarbant mais pas trop.

Le yaourt : cours de recyclage

Un yaourt (bio !!), si on est droitier, on ouvre le couvercle vers la gauche pour ne pas être gêné avec la main droite. Alors on verra quelque chose comme ça :
Et c’est bien dommage car en fait ce qui est intéressant c’est l’autre côté, où il y a beaucoup plus de choses à lire :
Et où on remarque en plus une tirette magique, qui est sur presque tous les yaourt allemands (même les non-bios je crois bien).
Quand on tire la tirette, on est récompensé avec encore plus de lecture !!

L’idée géniale est qu’au lieu de mettre un gros plastique dur, ils mettent un tout petit plastique fin (moins de plastique = + d’écololo et en plus ça s’écrase mieux dans la poubelle. Par contre c’est toujours du plastique en contact avec la nourriture, et donc bisphénol etc.) et un carton recyclé et recyclable qui solidifie la structure, et qui s’enlève et se trie à part dans la poubelle à cartons.

La première fois que j’ai tiré cette tirette, j’étais ravi, je voyais ça comme un pas réussi de mon intégration dans la culture allemande du recyclage. Mais en fait j’ai remarqué depuis que je ne connais aucun Allemand qui fait ça et donc je le fais moins souvent, suivant mon humeur.

Mais en fait le recyclage théorique du yaourt va plus loin.

D’abord, que faire avec l’intérieur s’il reste du yaourt ? On sait par exemple qu’on est censé laver les pots en verres avant de les mettre dans la poubelle de verre (Quel est l’intérêt écologique de laver quelque chose avant de le mettre à la poubelle, sachant que le verre de la poubelle sera ensuite lavé et désinfecté dans la décharge de verres ?) 

Comme c’est un yaourt bio, et qu’il y a une poubelle qui s’appelle la « Biomüll » je me suis dit que si mon yaourt n’est pas bon, il faut jeter le contenu dans la Biomüll, le carton dans la poubelle à carton et le plastique dans la poubelle à plastique. Mais en fait non, car la Biomüll n’est pas pour le bio mais pour les déchets végétaux. Donc un yaourt de jus de vache, même bio, ne va pas dans la Biomüll, alors que probablement un yaourt au soja, même non bio, devrait pouvoir se mettre se mettre dans la Biomüll…

L’autre jour que je me promenais au milieu des jolies poubelles de tri qu’on a dans la rue :

Grünglas : poubelle à verre vert.

 En plus de remarquer qu’on a pas le droit de jeter ses poubelles le dimanche, j’ai appris un élément supplémentaire sur le recyclage du yaourt.

Là, en tout petit, dans la liste de ce qui va dans la poubelle « Dosen/Alu » (conserves et aluminium), on lit : « Alu-Joghurtdeckel ». C’est-à-dire qu’en plus de séparer le carton, laver le plastique, mettre dans la poubelle à plastique, on devrait séparer le couvercle à part, le laver aussi bien sûr, et le mettre dans cette énorme poubelle.

Ils sont fous ces Allemands ! (En allemand ça se dit : « Die spinnen, die Deutschen », mais ça n’a rien à voir avec les araignées)

Le référendum du ni oui ni pas non

Je suis tout excité,

pour la première fois, j’ai le droit de voter en allemand et en Allemagne à propos de la politique locale à Munich. Il s’agit d’un référendum. Le titre c’est
3. Start- und Landebahn am Flughafen München

D’abord je l’ai lu trop vite. J’ai vu « Start » (démarrage d’un projet), « bahn » (comme dans deutsche Bahn, donc une histoire de train), « Lande » (comme dans Länder, donc c’est un train de campagne en dehors de la ville) et « Flughafen » (aéroport), et donc je me suis dit chouette ! Il s’agit d’améliorer le train qui va à l’aéroport.

Mais pas du tout, alors on recommence :
3. Start- und Landebahn am Flughafen München, il s’agit en fait de construire une troisième voie de décollage et atterrissage pour l’aéroport. Je ne savais pas qu’il n’y en avait que 2, mais si.

Le référendum est constitué de trois questions. Accrochez-vous !

Première question – facile
« Sind Sie dafür,
dass die Stadt München in den zuständigen Gremien der Flughafen München GmbH – ohne sich an den Kosten zu beteiligen – dem Projekt einer 3. Start- und Landebahn am Flughafen München zustimmt? »

Deuxième questionma préférée
Stimmen Sie dafür, dass die Landeshauptstadt München alle ihre Möglichkeiten als Gesellschafterin der Flughafen München GmbH nutzt, um den Bau einer 3. Start- und Landebahn des Verkehrsflughafens München zu verhindern und dass die Landeshauptstadt München insbesondere in der Gesellschafterversammlung der Flughafen München GmbH keinem Beschluss zum Bau einer 3. Start- und Landebahn zustimmt?“ 

Ça  commence par « êtes-vous d’accord » et ça finit par « pour que la ville de Munich soit d’accord » mais au milieu il y a « pour empêcher » et « ne pas prendre de décision ».

Êtes vous d’accord que Munich aussi soit d’empêcher de ne pas prendre de décision d’accord ?

Alors, oui ou non ??

Troisième question
Falls beide Bürgerentscheide jeweils mehrheitlich mit Ja oder mit Nein beantwortet werden und deshalb die Abstimmungergebnisse nicht miteindander zu vereinbaren sind: Welche Entscheidung soll dann gelten?

Mais finalement, ils auraient très bien pu l’écrire beaucoup plus simplement :
Q1: Êtes-vous pour, oui/non ?
Q2: Êtes-vous contre, oui/non ?
Q3: Oui mais alors vous êtes plutôt pour ou plutôt contre ?

Le système de ce référendum m’échappe un peu en fait. On s’attendrait à ce qu’ils posent une seule question, i.e. la première question.

 Mais comme ils posent à la fois la question « êtes-vous pour » et « êtes-vous contre », il y a le risque qu’il y ait une majorité de oui à Q1 et de oui à Q2 ou une majorité de non aux deux, ce qui ferait à la fois une majorité de pour et de contre. Dans ce cas, c’est la réponse à la troisième question qui compte…

C’est vrai, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 

Un des processus classique en Allemagne, m’a-t-on dit, est de poser la question d’une manière tellement compliquée que les gens se trompent et répondent ce que veut les zotorités. Il parait que le référendum a déjà été référendé en 2005 et 2007, avec un « non » à chaque fois, et il semblerait que les autorités reposent la question jusqu’à l’obtention d’un « oui » (selon le modèle suisse). Donc si on répond « non », on ne fait rien de mal, car la question sera reposée dans quelques années.

D’autre part, je remarque que les arguments pour le oui que j’ai reçu dans la lettre sont assez vaseux. 5 (sur 8) concernent la création d’emplois, alors que le chômage est plutôt bas en Bavière, et donc il faudra faire venir des travailleurs d’autres régions, mais il est bien reconnu que le nombre de logements disponibles actuellement n’est pas suffisant. Ça fera monter les prix de l’immobilier, ce qui ne me plait pas du tout.

Bon, mais avant tout, ça serait pas mal de rénover le réseau ferré, hein ? Parce que du 120km/h de pointe au 21eme siècle c’est pitoyable.

La chasse au Grundstück

Préliminaire : Grundstück, c’est Grund + Stück : un morceau de terre (autrement dit, un terrain pour y mettre une maison).

Une des choses qui m’occupent ces derniers temps, et qui fait que j’ai plein de choses à raconter sur le blog, mais pas de temps pour les raconter (d’autre fois c’est l’inverse, plein de temps pour raconter rien), c’est que je cherche un Grundstück à Munich pour y faire construire une maison.

Pour vous gâcher la fin : je n’ai pas eu le terrain car je suis parti en vacances (12 jours, prévu depuis longtemps, mais on n’avait pas prévu de trouver un terrain à ce moment inopportun).

Actuellement, les prix sont d’environ 1000€ le mètre carré. J’avais trouvé un beau terrain de 717m2 à Gräfelfing pour 690.000 euros (donc une bonne affaire). Même pour ce prix là, les annonces sont en général publiées le vendredi soir, les interessés répondent le week-end, l’annonce est retirée le lundi ou le mardi, et les visites se font déjà la semaine suivante. Ça va donc très vite.

On a donc dit assez vite au Makler (agent immobilier), Mr. Graef, qui habite Graefelfing (c’est drole, ahah), qu’on était interessé. (Je donne le nom du Makler pour lui faire de la mauvaise pub. J’irai le noter sur les sites allemands quand j’aurais finalement trouvé un terrain, au cas où je retombe sur lui avant). Je note au passage que la commission du Makler est de 3,5%. Il travaille donc ici pour 24.000 euros. Pour ce prix là, il devrait fournir un service irréprochable et honnête, du moins dans le monde de bisounours.

Comme c’est la norme, et pour le principe, même si le prix initial était ok, on demande de baisser de 5% (donc 660.000 euros) en même temps, on lui annonce qu’on va partir en vacances pour 2 semaines et qu’on aimerait bien réserver le terrain avant de partir (et le payer après).
En Allemagne, il y a ce système de réservation bizarre, qui n’est pas une promesse de vente, où l’acheteur potentiel et le Makler signent un papier, et l’acheteur potentiel paye une somme (ici ça aurait du être 2000€) qui lui est remboursée s’il achète finalement le terrain, et qui est perdu sinon. En contepartie, le Makler s’engage soi-disant à ne pas vendre le bien à un autre pendant une période de 4 semaines. Sauf que cet engagement n’en est pas un, il peut très bien vendre à un plus offrant, et il lui suffit alors de rembourser les 2000€, sans aucune pénalité pour lui. La réservation est donc une arnaque envers l’acheteur.

Pour le prix, lui nous répond par téléphone que pour 670.000€ c’est ok, puis par e-mail, le prix devient 675.000…

Pour une raison bizarre (l’acheteur est vieux et veut vendre vite ??), malgré la réservation, il nous a dit des choses comme
– Jedoch sollte der Kaufvertrag noch vor Ihrem Urlaub unterzeichnet werden.
— Il faudrait quand même signer la promesse de vente avant vos vacances.
Et il nous fixe déjà un rendez-vous chez le notaire 5 jours plus tard, la veille du départ en vacances.

On lui dit que la réservation devrait nous permettre de ne pas être pressé avec l’achat, et il nous répond cette magnifique phrase avec un beau conditionnel :
– eigentlich hätten Sie natürlich eine Frist von 4 Wochen, aber unser Auftraggeber verkauft an den Interessenten, der kurzfristig zum Notar geht und den Kaufvertrag unterschreibt.
— En principe, vous auriez évidemment un délai de 4 mois – avant l’achat – mais notre client veut vendre à l’intéressé qui ira au notaire le plus vite pour signer.

Nous comme on est très fort, et finalement intéressé par ce terrain, on lui dit ok pour le notaire dans 5 jours, on va voir la banque, et on a presque le crédit. En même temps, on envoie la réservation par fax (que le Makler n’a pas renvoyé), et on lui dit de nous envoyer les documents officiels (contrat de vente, et cadastre) dont on a besoin pour avoir une promesse de crédit de la part de la banque.

Et finalement, de manière tout à fait inattendue, alors qu’on croyait que c’était décidé, le Makler nous annonce qu’en fait il y a deux autres intéressés et que le vendeur va se décider le lendemain sur lequel aura finalement le terrain. On a appris ensuite par voie détournée (car le Makler ne donnait plus de signe de vie) que le vendeur n’a pas non plus décidé le lendemain, car il a peur que l’acheteur n’ai pas assez d’argent pour payer (même s’il n’y a aucun risque pour le vendeur, c’est à ça que sert un notaire), et préférerait le vendre à quelqu’un qui n’a pas besoin d’emprunt pour le payer (ceux qui ont tellement d’argent disponible achètent quelque chose d’encore plus cher, et font donc un emprunt de toute façon). Ça aurait du être le rôle du Makler de rassurer l’acheteur et de lui expliquer comment ça marche.

Finalement le Makler annonce 1 semaine plus tard qu’ils ont vendu à quelqu’un d’autre, sans donner plus de détails.

Krapfen choco-banane

C’est la saison des Krapfen !
Je vous ai déjà embêté avec le Schwarzwalderkrapfen (le Krapfen forêt noire) , et le Tiramisukrapfen.
Comme tous les ans, je me fais le grand-chelem des Krapfen chez Rischart (je mange un de chaque), et comme tous les ans il y en a un nouveau. Cette année c’est le Schoko-Bananen-Krapfen.

Le nom annonce la couleur. Au dessus, du chocolat et un morceau de banane. Au dedans, une crème au chocolat et une crème à la banane. Miam.

Ich me bedanke mich moi

Puisqu’on me cite mes posts que je n’ai pas encore écrits, je suis bien obligé de l’écrire pour que l’ordre du monde soit rétabli…

Un jour que j’étais jeune immigré, j’ai dû acheter un aspirapoussière ( Staubsauger , de Staub – poussière, et saugen – aspirer). C’est pas trop grave en soit, mais finalement ça m’a traumatisé, car je m’en souviens encore.

Le vendeur me flatte les mérites de tel ou tel aspirateur, et ça m’est égal, car je connais déjà le Testsieger (celui qui est trop le mieux) et c’est celui là que je veux (car chez moi, tout est soit Testsieger, soit bio… ou du moins c’est comme ça qu’on me caricature).

Vu mon allemand de l’époque, j’ai sûrement pointé du doigt et dit un truc du genre
ich möchte das bitte !

C’est une formule magique qui marche partout.
* À la boulangerie, quand on ne sait pas trop les noms des choses, on pointe et on dit “ich möchte das bitte” (je veux ça svp). Si le-la boulanger-ère ne prend pas le bon truc, après on peut diriger avec “links”, “rechts”, “vorne”, “hinten”. Je ne suis pas mort de faim, donc ça marche [essayez le pour vos Krapfen, c’est la saison].
* Ça marche aussi au restaurant, si par exemple on veut commander un Geschnetzeltes, mais qu’on ne sait pas le prononcer, on pointe du doigt et “ich möchte…” et hop on a le bon truc (à défaut d’avoir un truc bon).

Et donc je m’égare.
Et le vendeur d’aspirateurs, il me répond avec un sourire de vendeur :
Ich bedanke mich!
Dans mon petit cerveau de français, je traduis motamo, ça donne :
– Je me remercie !

Quand j’ai entendu qu’il se remerciait lui-même, j’ai pensé qu’il était fier de m’avoir arnaqué. Comme si il m’a vendu soit un aspirateur nul invendable, soit un bon aspirateur, mais trois fois trop cher. En tous cas, il avait l’air très fier de lui-même (avec son sourire de vendeur…)

Car en fait je m’attendais plutôt à ce qu’il dise
– Je vous remercie !
ce qu’on peut dire en allemand d’ailleurs, et qui fait aussi parti du vocabulaire vendeuristique :
Ich danke Ihnen!

Pourquoi danken et bedanken se construisent différemment ? j’en sais rien. D’ailleurs je n’ai pas encore compris la nuance de sens, mais il y en a sûrement une. D’une manière générale, j’ai du mal avec les verbes en “be-”, alors le mieux est de les éviter. Par exemple, quelqu’un est-il capable de m’expliquer la difference entre schiessen (tirer avec une arme) et beschiessen (tirer avec une arme) ou entre siegen (vaincre) et besiegen (vaincre) ?? Ma seule théorie est que les verbes en “be-” mettent plus l’accent sur l’objet de l’action (sur quoi je tire, ou qui que j’ai vaincu) plutôt que sur l’action elle-même (“hého, je tire n’importe où, on s’en fiche, mais je tire !! “ ou alors “victoire, j’ai vaincu !! mais je ne vous dirai pas quoi”)

En tous cas, j’ai beau me convaincre que “ich bedanke mich” c’est pas de l’arnaque est que c’est très poli, ça ne marche pas.

Je sais que tous les vendeurs de Bavière lisent mon blog, alors je vais donc leur donner la formule magique qu’il aurait fallu me dire pour ne pas me traumatiser :
ich bedanke mich bei Ihnen !
dont je n’arrive pas à trouver une traduction motamo potable en français (je me remercie chez vous ??), mais au moins, moi (enfin plutôt Ihnen), le client, est dans la même phrase que bedanken alors tout va bien.