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Halloween 2014

Super en retard. Nos réalisations de l’année 2014.

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Il parait qu’il faut s’occuper des cadeaux de Noel ? Ah le stress !

Je ne promets plus rien… 😀

Tempus fugit – ben c’est pas gagné

Ouhlala, le temps passe vite.

On m’avait demandé de parler de comment j’ai vécu la défaite française en coupe du monde. Mais ça fait maintenant super longtemps. C’est-à-dire que j’avais prévu, si la France gagnait, de chanter la Marseillaise à poil dans mon jardin. Finalement, j’ai été donc très soulagé de la victoire allemande, car je ne connais pas très bien les paroles de la Marseillaise. Les Allemands ont klaxonné de partout, mais personne n’a chanté tout nu. Différence culturelle.

Donc entre temps j’ai déménagé, et n’ai plus le temps de rien.

Déjà, tous les meubles déménagés sont remontés, et les cartons sont vidés, ce qui est pas mal par rapport à ce que j’entends chez les autres (ouais, ton livre que tu m’as prêté il y a 5 ans, ben il est encore dans un carton (depuis 4 ans – coucou si tu lis mon blog, pense à mon livre)). Par contre, chaque fois qu’on finit de monter un meuble, on se rend compte qu’il en manque encore. On va donc à Ikea et puis on laisse trainer, car dès qu’il sera monté, on sait qu’on va aller en racheter un. Là par exemple il y a un meuble de tv qui traine lamentablement devant le sofa (ouvert, pour voir qu’il n’est pas abimé, mais non monté par manque de courage).

Ikea… J’avais pourtant dit que moi, quand j’aurais ma belle maison toute neuve, je mettrai pas les meuble Ikea, car tout le monde ayant la même chose, c’est pas très personnalisé.

Bon on a fait un effort. On a été à XXXLutz quelque fois, sans rien acheter. Ils ont fermé. On a été à Möbel Höffner, sans rien acheter. On a été à Who’s perfekt, sans rien acheter. C’est parce que les prix dans ces boutiques sont du n’importe nawak. D’abord, il y a toujours tel ou tel truc à 70% si bien qu’on a l’impression de se faire arnaquer quand on achète un meuble au prix plein (en fait, c’est pas qu’une impression). Et pi en plus, même les meubles genre 2 à 3x plus chers que Ikea, quand ils ne sont pas trop moches design, sont d’une qualité pas forcément meilleure à Ikea (ou alors il faut taper dans le hulsta et stressless, qui sont 10x plus chères). Et les meubles du même prix que chez Ikea sont clairement destinés à remplir la poubelle (en séparant bien sûr le métal, le bois, le plastique et le polystyrène). Donc on n’a pas trouvé d’alternative valable à Ikea, et donc on achète, comme tout le monde, du Ikea, mais cette fois en étant persuadé d’acheter quelque chose de bien pour le prix.

À part les meubles, il y a toutes mes sorties que je fais pour rattraper le retard, et décompresser maintenant que la maison elle est là, elle bouge pas, et même qu’il me reste des sous (un peu mais pas trop mais de quoi boire des bières, du vin, etc. etc. (non maman je suis pas devenu alcoolique, je bois avec modération et des amis)). Il y a mes 1000 994 mètres carrés de jardin qui me narguent, avec leurs cailloux et leurs mauvaises herbes. Il faudrait une pelouse. Il y a mon piano qui pleure dans sa pièce. Au moins il n’est plus dans un carton au sous-sol comme dans l’appartement. Il y a les amis qui réclament une pendaison de la crémière. Pourtant je leur ai fait une soirée cocktail au Negronibar (facile à se rappeler le nom en français, qui est vachement un super bar de super cocktails qui déchirent leurs mères, dont beaucoup sont des créations à eux et que je recommande). Mais ça n’a pas suffit, il parait que le but c’est de voir la maison (les photos ça suffit pas), de boire (il faut que j’aille acheter des caisses de bières sinon je vais me faire lyncher), de manger (je sais pas quoi), et de repartir quand il y a plus rien. Bon on va lui faire sa fête à la crémière !!

Donc le blog, hein, ben voilà quoi. Un peu de patience 🙂

 

Ah ben, ça remarche

Après un premier rendez-vous hypothétique le 18 juillet, ils ont reporté au 1er août (en prévenant à l’avance, ce qui pour Deutsche Telekom est déjà pas mal).

Comme en même temps je payais encore la connexion, j’ai un peu râlé (à force, j’ai pris l’habitude de râler en allemand, mais par écrit, histoire de râler avec la grammaire correcte), et donc finalement j’ai reçu, d’abord la promesse qu’ils me remboursent tout entre le premier rendez-vous et le moment où c’est finalement installé, et puis ensuite ils m’ont donné un rendez-vous pour le 22 juillet.

C’était aujourd’hui. Le rdv était entre 8h et 10h, ce qui est exceptionnel venant de Deutsche Telekom. Autrefois, les rdv étaient « le matin, entre 7h et 14h » ou « l’après-midi, entre 12h et 18h », temps pendant lequel on n’ose pas faire les courses, ni aller au toilettes.

Donc, entre 8h et 10h, et, en plus, on n’y croyait pas, mais il est venu vraiment entre 8h et 10h !

Il est venu le technicien et il a dit « ah ben tout est bien installé (c’est moi qui ai tout bien installé, je voulais pas qu’ils me facturent ça en plus), donc j’ai rien à faire ici, y a qu’à activer la ligne à distance ».

Ça veut dire, que ça fait un peu plus de 2 mois que j’ai demandé que ma ligne soit transférée, ils m’ont fait mariner en me faisant croire que c’est super difficile, alors qu’il suffit de 5 minutes pour changer une valeur dans leur base de données, en comptant la pause café, et ils me facturent le tout pour la modique somme de 70€ (non en fait j’exagère, c’est 69,95€).

Donc ça marche ! Mais ils se sont bien moqués de moi, donc j’ai décidé d’aller voir chez M-Net s’ils sont aussi drôles (au moins ils sont moins chers). Donc je n’aurai pas Internet le 3 décembre 2014, mais d’ici là j’ai le temps de raconter des bêtises.

D’ailleurs j’en ai des bêtises à raconter… On me demande de raconter mon expérience du match de foot franco-allemand, je vais ptet commencer par là ! Mais pas aujourd’hui, j’ai un mois d’Internet à rattraper 🙂

Débordiert

– Ben j’ai été sur ton blog et il y a rien de nouveau !

Oui oui… je suis débordiert !

En plein déménagement à rallonge, j’ai la tête ailleurs. Ma maison toute jolie toute neuve est prête à être habitée. Après de multiples péripéties périlleuses acrobatiques, on même réussi à avoir l’électricité et l’eau à temps. Maintenant il ne reste « plus que » Internet.

On imagine naïvement que Internet est beaucoup plus simple à installer que de l’eau ou de l’électricité. Mais c’est sans compter sur Deutsche Telekom. Pour comprendre Deutsche Telekom, il faut imaginer France Télécom. Et bien c’est pareil, mais en allemand. J’ai un fil qui arrive dans ma maison avec tout ce qu’il faut, y a pu ka activer la ligne.  On a donc demandé mi-mai une activation pour début juin (le site dit « 5 jours à l’avance sont ok »), et ils nous ont répondu « Pas de problème, donc le technicien passera le 18 juillet, peut-être éventuellement ».

J’ai relu la date trois fois, j’avais cru avoir mal lu, mais non non.

Ah ah ! Mais là je me suis rappelé que les gens de Deutsche Telekom, on les appelle les Telekomiker (les télécomiques). Donc c’est une blague. Alors j’ai demandé. Après deux e-mails sans réponses dans le contact-client, j’ai pu avoir une réponse par le biais de telekom-hilft.de (qui pour l’instant répondent vite), et ben c’était pas une blague ! Ou alors c’est de l’humour bavarois.

Donc je n’aurai pas d’Internet en juillet (enfin si un truc 3G tout lent). Donc pas de blog, mais je vais bien.

Par contre dans ma maison toute jolie toute neuve, contrairement à mon appartement tout piti, j’ai la place pour installer mon piano. Et qui a besoin d’Internet quand on a un piano ?

Blue Nile, avec les doigts ??

Blue Nile, c’est un restaurant Éthiopien dans le quartier de Schwabing, au centre de Munich.

Je ne veux pas forcément vous décourager d’y aller, mais ça va pas être facile. Parce qu’à Blue Nile, on mange avec les doigts. C’est comme ça la tradition en Éthiopie.

Au début je me suis dit : ah oui, manger avec les doigts c’est rigolo ! C’est comme les restos chinois avec les baguettes, et puis quand on en a marre on prend la fourchette. Sauf qu’au Blue Nile, point de fourchette.

Mais bon, on se dit toujours que c’est pas grave, la nourriture est surement étudiée pour, comme les finger food, les chicken wings, etc. Et bien non : la nourriture, c’est de la viande dans plein de sauce, un peu comme les plats indiens d’Inde. Il y a aussi un plat qui est avec des lentilles. Vous avez déjà mangé des lentilles avec les doigts ? Et bien maintenant je connais quelqu’un qui peut répondre que oui.

Et comment doit-on manger ça avec les doigts ?
©Rama, WIkimedia Commons CC-SA 2.0 France

Le seul « outil », c’est le pain qui est servi avec, du Injera, qui est en fait une espèce de crèpe un peu spongieux (pas dans le sens spongieux dégueux, mais spongieux qui absorbe la sauce). Le Injera est fait à base de teff. C’est un céréale qu’on ne connait pas, et donc le injera a un gout qu’on ne connait pas – quand même proche du sarrasin. Bref, en voyant ce pain-crêpe arriver, on s’est dit qu’on allait s’en servir de pincettes, pour ne pas trop se salir les doigts. Ça n’a pas trop marché, car deux jours plus tard, mes doigts sont toujours légèrement jaunis de la sauce.

Apparemment il faut faire comme ça !
©yngrich, Creative Commons Attribution 2.0 Generic.

Pour l’aspect convivial, peu importe ce qu’on commande, les plats sont groupés par deux, si bien qu’on mange dans le même plat que son voisin. Comme ça si on a pris un truc pas bon on peut discrètement piocher un truc chez le voisin pendant qu’il se lèche les doigts.

Pour me plaindre encore un peu, je précise qu’il ne faut pas être pressé quand on va à ce restaurant. En voyant le pas nonchalant de notre serveur, on a du mal à imaginer que les Éthiopiens sont champion de marathon. Si en plus vous êtes pressé de voir Élène Du Fil, c’est intenable.

Maintenant j’ose à peine rajouter que j’ai trouvé la nourriture moyenne, pas dégueux, mais pas assez de gout, pas assez d’épices. Pour boire, j’ai pris une boisson locale qui est un vin de miel. C’est servi dans un verre de chimie comme l’orangina. Ça sent très bizarre, mais le gout est intéressant : ça a gout de vin au miel… Par contre très sucré ça donne soif.

Un Tedj ! Une sorte d’hydromel éthiopien. ©Ji-Elle, CC SA 3.0.

Et comme je disais tout au début, je ne veux pas vous décourager d’y aller, l’expérience est intéressante à faire au moins une fois. C’est pas dégueux, c’est vraiment pas cher, c’est très convivial, les serveurs sont décontractés, et si vous n’êtes pas pressé, c’est surement mieux.

P.S.: J’ai vu Elene 🙂

Survivre à Munich : manger français

Coucou !

J’ai ajouté au blog une section sur des adresses de restos où qu’on peut manger français. Parce que le Bier Schnitzel-Pommes (prononcer « pommesse », c’est des frites (prononcer « fritz » plutôt que « fritesse », sauf si comme moi vous faites l’andouille) je disgresse ) ça va bien 5 minutes, mais on veut aussi du vin, des moules et des super crèmes brulées, du sauciflard et du fromage qui pue !!

J’ai mis quelques années à trouver les bonnes adresses et je voulais en faire profiter n’importe qui qui passe par là (salut !). Donc voilà les listes, avec à chaque fois mon commentaire personnel :

Je n’ai pas mis ceux que je n’ai pas essayé, et je n’ai pas mis ceux que j’aime pas (parce que c’est mon blog, c’est moi qui décide), mais je pense que la plupart de ceux qui manquent sont en fait dans la catégorie « non essayés », suggérez-moi donc des ajouts.

Tailleur pour Dames – théâtre

Il y a, à Munich, régulièrement des pièces de théâtres francophones.

En ce moment, c’est Tailleur pour Dames, une pièce de Fédaux Feydeau jouée par La Compagnie des Camaïeux.

On m’a dit que l’une des actrices est Elene du blog au fil d’elene, dont je suis le plus grand fan. Et depuis que je sais que je connais quelqu’un qui connait quelqu’un qui la connait, il faut absolument que je la rencontre. Sauf que les deux dernières fois où je suis sortis, et qu’on m’a dit : « Mais si, viens, il y aura Elene », et bien elle a eu un empêchement. D’autres fois on m’a dit aussi qu’elle sera là, mais j’ai cru au bluff et j’ai pas venu, mais elle oui. Bah. En plus, Elene ne connait pas mon existence (ou alors elle a entendu parlé d’un mec zarbi qui veut la rencontrer à tout prix).

Bref, une histoire comme dans les films. La première de la pièce est déjà passée, mais il y a une rediffusion trois jours en mai (jeudi 8, ven 9 et sam 10 à 19.30). Après c’est Schluss. J’espère que cette fois ça va geklappt.

Si vous aussi vous êtes fan, Fett faites moi signe, on peut monter un fan club 🙂

Acheter un immobilier à Munich: Viel Spaß…

Il y a quelques jours semaines, Pomdepin expliquait la galère qu’est l’achat d’une maison en Irlande et en Angleterre. Je me suis dit que j’allais faire pareil pour Munich, ou c’est galère aussi, mais il faut bien vivre quelque part hein ?

Pour des raisons de concisions, j’utilise le mot allemand de Makler qui désigne un escroc incompétent agent immobilier.

Alors pour trouver un logement, restez chez vous. Il n’y a pas vraiment comme en France, des grandes agences où on va, où on dit ce qu’on veut à peu près, et qui nous obligent à visiter 2-3 merdes invendues avant de vraiment montrer des logements qui vont bien. En fait, ce service existe, mais il est plutôt réservé aux riches, et généralement aux riches étrangers qui ne comprennent pas la langue.

Au contraire, en Allemagne la plupart des Makler sont des gens à leur compte. N’importe qui peut se déclarer Makler, il ne faut pas de formation spécifique, et ça se voit. La plupart ne vendent pas plus de 2-3 biens à la fois : donc en plus de n’avoir aucune formation, il n’ont pas non plus d’expérience. La mauvaise nouvelle c’est que la plupart des achats de logement passent par des Makler. C’est parce que selon la loi, c’est le vendeur qui choisit le Makler, mais c’est l’acheteur qui le paye. Aussi selon la loi, le Makler est autorisé à toucher au maximum 3,57% du prix du bien. Comme par hasard, ils appliquent tous ce tarif. Et comme un appart ou une maison à Munich coutent généralement au moins 500.000€, ça fait 18k€ par vente et on comprend qu’ils n’ont pas besoin de vendre beaucoup pour avoir un salaire respectable.

Il y a donc plein plein de Makler. La probabilité de tomber deux fois sur le même étant très faible, on peut les insulter sans problème. Par contre, les visiter un par un ne serait pas possible. Heureusement il y a un site qui regroupe presque toutes les offres en Allemagne, il s’agit de immobilienscout24.de .

Malgré les prix exorbitants, et qui continuent de s’exorbiter de 10% de plus par an, il faut savoir que le marché à Munich va très vite. Il y a en effet très peu d’offres par rapport à la demande, et les bons logements sont vendus – et disparaissent du site – généralement en moins d’une semaine (souvent en un week-end). Ça veut dire que si on va sur le site sus-mentionné, les offres que l’on voit sont les invendus qui trainent (il faut les mémoriser, pour ne pas se faire avoir quand ils réapparaissent sous un autre nom). Donc en fait, la seule chose à faire sur le site est de créer un agent de recherche qui envoie les nouvelles offres par e-mail tous les jours, puis d’attendre que les e-mails arrivent.

Ensuite arrivera le moment de la visite avec le Makler. Un pur moment de bonheur 🙂 L’avantage d’être français c’est que vous pouvez vous moquer de lui en direct et en aparté, sans qu’il essaie de répondre à vos arguments. Mais il essaiera quand même : dès que vous touchez quelque chose, vous aurez son commentaire.

Dans les perles de Makler j’ai eu :

Makler 1 : il s’agit d’une maison à vendre. Le jardin est entouré de trois grands immeubles (6 étages) avec vue plongeante dans le jardin. Derrière les immeubles, une rue très passante qu’on entend quand même. Chez bisounours, le Makler dira « Bon, c’est merdique, c’est pour ça que le prix n’est pas cher ». Pourtant votre oreille entend : « Certes, mais dans le jardin vous avez trois arbres énormes. Et l’été, avec le feuillage, on ne voit plus les immeubles (la visite était en hiver). Ensuite il suffit d’une petite fontaine, c’est joli, ça attire les oiseaux, et ça masque le bruit de la rue. Et hop, comme si de rien n’était. »

Makler 2 : vous visitez une vieille maison (à démolir). D’habitude l’argument est « ça c’est du bon béton, il suffira de rénover et ça sera génial ». Comme c’est une démolition, il dira en fait « ça c’est du béton de merde, ça casse tout seul et la démolition ne coutera pas grand chose ».

Makler 3 : qui vous dira que lui c’est un gentil, et contrairement aux autres, il vous laisse prendre votre temps pour décider. Mais quand même : « on peut aller signer chez le notaire la semaine prochaine, ça vous va ? » Sachant qu’avant de signer chez le notaire, il faut une promesse de prêt de la banque (ça dure environ 1 semaine pour l’avoir), et qu’avant ça, la banque a besoin d’une ébauche de contrat de vente (et ça le Makler aurait dû le savoir), 1 semaine c’est pas possible, et deux semaines c’est déjà très court.

Si le lendemain de la visite vous êtes décidé à acheter le logement (plus tard c’est trop tard), il faudra passer par une autre grosse supercherie d’ici qui est le système de réservation. Vous allez signer une feuille qui dit en gros qu’on s’engage à acheter le bien à tel prix (on met soi-même le prix, on peut par exemple le baisser de 10%) et à payer des frais de réservation de 1000€ au Makler. Au début, le Makler ne signe pas la feuille, lui. Il attend que d’autres lui renvoient des réservations avec d’autres prix. Il garde ensuite le plus élevé, mais avant ça vous rappelle : « et on peut remonter de 5% ? », puis dans l’après-midi encore « et 5% de plus ça irait ? ». On a donc compris que vu le déséquilibre d’offre/demande à Munich, il ne sert à rien de négocier le prix. C’est d’ailleurs comme ça qu’on a finalement obtenu une maison, car j’imagine que tous les autres ont cherché à négocier. héhé j’ai gagné.

Et donc ensuite le Makler vous renvoie la réservation signée par lui. Vous devez lui payer les 1000€. Si finalement vous achetez autre chose, c’est pour votre pomme. Si finalement lui trouve un autre acheteur qui offre plus, et bien il vous rend simplement les 1000€. C’est donc une promesse de vente uniquement dans un sens.

Ensuite vous allez voir votre conseiller financier qui négocie avec les banques pour vous (je peux en recommander un bon si ça vous intéresse). Vous pouvez aussi aller voir les banques directement, mais elles essaieront de vous faire pleurer, de dire que votre maison ne vaut rien, que vous allez être au chômage, et que vous êtes un prêt à risque, et ça va vous énerver. Alors que le conseiller, il est gratuit, il est gentil, il harcèle les banques au téléphone, et il nous a trouvé des prêts moins cher (aussi dans la même banque) et sans les ennuis.

La banque voudra des documents qu’elle demande au conseiller financier, qu’il demande à moi-même, que je demande au Makler, qu’il demande au vendeur, puis le document refait le chemin inverse, puis la banque demande encore un autre document… le temps passe, et le rendez-vous chez le notaire est déjà fixé. Le dernier document – la promesse de la banque de vous créer de l’argent (je mets le lien pour faire plaisir à Marc) et l’hypothèque qui va avec – arrive le matin du rendez-vous chez le notaire par fax. Ouf ! On peut souffler !

Un notaire consciencieux est censé vous expliquer chaque passage légal incompréhensible du contrat. Car le notaire est neutre, si vous vous faites arnaquer il doit vous l’expliquer. Malheureusement, le minimum légal est simplement qu’il lise le contrat à haute voix sans rien expliquer. Et c’est ça qu’on a eu… Heureusement, pour une maison à démolir, on ne risque pas de vices cachés dans la maison (sauf l’asbeste sur les murs, et le bitume sous le parquet, qui coutent plus chers à emmener à la décharge).

Bon, ça y est, vous êtes endetté pour les 15 prochaines années ! vous êtes propriétaire !

Maintenant, si en plus vous voulez faire démolir et reconstruire et ben c’est pas malin malin. J’en reparlerai dans longtemps, il me faut du recul.

PS: Attention à bien faire croire au notaire que vous parlez allemand parfaitement, sinon p. ex. votre conjoint allemand devra signer un papier officiel qui dit que tout a bien été traduit, mais il faudra payer 300€ (ou quelque chose du genre) pour avoir aussi l’autographe du notaire.

Le vote de ouf

Il y a environ 1 mois j’ai reçu une gentille lettre (je classifie comme gentille lettre tout ce qui n’est pas une facture) me disant que même si je suis un espèce d’étranger, j’ai le droit de vote, et ça serait bien que je l’utilise. Les Allemands, eux, n’ont pas reçu cette lettre. Du coup j’ai su avant tout le monde qu’il allait y avoir un vote.

De la lettre, écrite dans un allemand bureaucratique incompréhensible, j’ai compris que :
– c’est un vote pour la ville de Munich.
– j’ai 80 voix à moi tout seul ! Ça c’est parce qu’il savent que mon opinion est super importante.

J’ai attendu désespérément une enveloppe avec une feuille par parti, expliquant un peu le programme de chacun, comme on a en France. Mais en fait ça ne se passe pas comme ça ici. Seuls les partis qui ont un peu de sous envoient quelque chose, d’une simple feuille à un grand livret (CSU) selon la richesse de chacun. J’ai reçu des informations sur trois partis. J’ai appris le jour du vote qu’il y en avait en fait quatorze.

Comme je n’ai rien compris, j’ai demandé autour de moi aux autochtones, et personne n’a rien compris. Je suis donc maintenant bien intégré puisque je comprends pas rien, aussi bien qu’un Allemand.

J’ai donc décidé d’aller voter, pour mieux comprendre. C’était aujourd’hui 🙂

J’arrive donc muni de ma carte d’identité, et de la lettre officielle (ici, on n’a pas une carte électorale, mais on reçoit une lettre avec la date et lieu du vote, et c’est ça qu’on présente). Malgré mon insistance et mon accent d’espèce d’étranger, personne n’a voulu regarder ma carte d’identité. On peut donc voter pour quelqu’un d’autre si on lui vole son courrier. D’ailleurs on ne signe pas non plus.

En échange de mon sourire hébété et de mon accent et de ma carte d’identité on me donne trois papiers. Trois pour le prix d’un, je suis ravi !

Je vais donc me cacher dans l’urne l’isoloir (merci Marc!), plein de gespanntitude. L’isoloir n’est pas une cage noire avec un rideau, mais juste une table avec des panneaux à droite et à gauche.

Je déplie le premier papier. Ah tiens, on vote aussi pour le maire de Munich (Oberbürgermeister – le maitre du burger d’en haut ?) !

Je déplie le deuxième papier. Ah tiens, je ne savais pas qu’il existe un représentant du quartier (Stadtbezirk) ! Super important car je n’en ai jamais entendu parlé. Donc je vote au pif.

Je déplie le troisième papier, celui tant attendu pour choisir les 80 clampins du Stadtsrat (conseillers municipaux ?). Puis le déplie encore. Puis encore une fois. On m’avait prévenu qu’il serait assez grand, mais j’avais cru qu’il ne dépasserait pas la taille de la table. Je continue à déplier. Tiens, je vais faire comme les journalistes professionnels et recopier bêtement les tweets au lieu de faire des photos moi-même.

C’est pas comme en France où on doit mettre un papier dans une enveloppe ; ici en Allemagne, le vote ressemble plutôt à un QCM où on doit mettre des croix un peu partout. Chaque colonne est un parti avec la liste des candidats. Il y a 14 colonnes et jusqu’à 80 lignes par colonne.

Les instructions abrégées sont les suivantes : vous avez trois papiers. 1 voix pour le premier, 11 (? je sais plus bien) pour le deuxième et 80 voix pour le troisième papier. Démerdez-vous !

Quand on lit les instructions plus en détail, on regrette. En gros, on a 80 voix, mais on peut mettre une croix juste pour un parti. Alors les personnes de la liste reçoivent un nombre de voix entre 1 et 3, suivant leurs positions et la position des astres à l’heure du vote. On peut aussi cocher un parti, mais donner 1 à 3 voix à une personne d’un autre parti, tout en rayant les gens qu’on n’aime pas dans le parti initial. Bref, ceux qui veulent peuvent y passer la journée (il faut quand même prévoir 30 minutes de rab avant de rendre sa copie pour avoir le temps de replier le papier correctement). Ceux qui doivent ensuite relire les bulletins – et vérifier que la somme ne dépasse pas 80 – peuvent y passer la nuit (Ah mais on m’apprend qu’ils ont des machines pour ça maintenant, ouf!).

Le seul hic : je n’ai reçu aucune présentation des différentes personnes, je ne les ai jamais vu à la télé, ni dans les journaux. Je peux certes créer mon propre cocktail des candidats, mais le seul critère que j’ai pour les juger c’est s’ils ont un nom rigolo, un nom sérieux ou un nom de crétin.

Moi j’avais faim et j’étais pressé. Je choisis donc l’option la plus simple : je coche juste un parti et puis ils n’ont qu’à se débrouiller pour les détails. La démocratie c’est bien mais ça ne marche pas quand on a faim si on laisse voter les gens sans les informer avant, ça va couiller.

 

La chasse aux Krapfen sauvages

Comme tous les ans, entre Noël et Fasching (qui n’est pas le jour où on se fâche, mais apparemment qui veut dire Carnaval), c’est le seul moment où l’on peut avoir des Krapfen, partout. D’ailleurs plus on se rapproche de la date, et moins c’est cher. Vendredi, c’était 1 Krapfen pour 1 euro. Samedi c’était 2 Krapfen pour 1 euro, et aujourd’hui, lundi, le Krapfen était gratuit (dans la limite de 1 chacun, mais ça suffit amplement).

Les Krapfen traditionnels sont juste des beignets aux pommes, à l’abricot à la place de la pomme, et n’ont rien d’exceptionnel. Moi, je suis à la recherche de Krapfen exceptionnels : ceux de Rischart qui sont des oeuvres d’art.

Un Krapfen normal (©GFDL de Wikimedia Commons)

Un Krapfen normal (©GFDL de Wikimedia Commons)

Un Krapfen chez Rischart

Un Krapfen de chez Rischart (flou non-artistique fait par moi-même)

Mes bonnes résolutions du nouvel an, chaque année, sont d’essayer un nouveau Krapfen de chez Rischart. Mais cette année c’est une catastrophe.

Dans ma longue vie munichoise, j’ai déjà essayé :

  • le Schwarzwalderkrapfen (dont j’ai déjà parlé), comme le gateau forêt noire, à la cerise et au chocolat
  • le Tiramisukrapfen (dont j’ai aussi déjà parlé), comme un tiramisu, au mascarpone avec un peu de chocolat, du café, et j’imagine aussi de l’amaretto
  • le Schoko-Bananen-Krapfen (eh oui j’en ai parlé), à la crème chocolat-banane
  • le Eierlikörkrapfen, à la liqueur d’oeuf, mais que j’ai moins aimé, donc je n’en ai pas parlé
  • le Bienenstichkrapfen, (à la piqure d’abeille) à la crème et au miel avec des amandes, qui est très bon même si je n’en ai apparemment pas encore parlé.

Et je n’ai pas essayé en fait un seul qui est le Himburgerkrapfen, à la confiture de framboise (Himbeeren), parce qu’il ne m’intéresse pas.

Mais comme je disais, cette année, c’est une catastrophe catastrophique, car à chaque fois que je passe chez Rischart, ils ont soit rien que du classique (et ce jour là j’ai fait 3 Rischart à la suite…), soit uniquement le Schoko-Bananen-Krapfen que j’ai déjà eu deux fois cette année (normalement je n’ai le droit qu’à une fois chaque sorte chaque année, pour m’obliger à en découvrir de nouveaux).

Et, encore pire, le fameux Fasching c’est demain ! (traditionnellement à Munich, on nous donne l’après-midi libre), et après ça, plus de Krapfen !! Il faut donc que je me motive demain matin pour courir à Rischart chercher mes derniers Krapfen, avant qu’ils n’aient plus rien.

 

Bref, tout ça pour dire que quand même, j’ai de vrais problèmes existentiels. Non parce que sinon je construis une maison, et ça c’est beaucoup moins drôle. Ça fait certes beaucoup d’histoires à raconter, mais comme vous le voyez lisez, je n’en parle jamais, car j’attends d’avoir un peu plus de recul pour pouvoir en rire. Donc en attendant, je me détend avec les Krapfen, surtout que moi j’ai beaucoup de mal à gagner des kilos. D’ailleurs il faudra que j’essaye si je peux avoir une ordonnance pour acheter des pâtisseries 🙂