Archives mensuelles : mars 2014

Le vote de ouf

Il y a environ 1 mois j’ai reçu une gentille lettre (je classifie comme gentille lettre tout ce qui n’est pas une facture) me disant que même si je suis un espèce d’étranger, j’ai le droit de vote, et ça serait bien que je l’utilise. Les Allemands, eux, n’ont pas reçu cette lettre. Du coup j’ai su avant tout le monde qu’il allait y avoir un vote.

De la lettre, écrite dans un allemand bureaucratique incompréhensible, j’ai compris que :
– c’est un vote pour la ville de Munich.
– j’ai 80 voix à moi tout seul ! Ça c’est parce qu’il savent que mon opinion est super importante.

J’ai attendu désespérément une enveloppe avec une feuille par parti, expliquant un peu le programme de chacun, comme on a en France. Mais en fait ça ne se passe pas comme ça ici. Seuls les partis qui ont un peu de sous envoient quelque chose, d’une simple feuille à un grand livret (CSU) selon la richesse de chacun. J’ai reçu des informations sur trois partis. J’ai appris le jour du vote qu’il y en avait en fait quatorze.

Comme je n’ai rien compris, j’ai demandé autour de moi aux autochtones, et personne n’a rien compris. Je suis donc maintenant bien intégré puisque je comprends pas rien, aussi bien qu’un Allemand.

J’ai donc décidé d’aller voter, pour mieux comprendre. C’était aujourd’hui 🙂

J’arrive donc muni de ma carte d’identité, et de la lettre officielle (ici, on n’a pas une carte électorale, mais on reçoit une lettre avec la date et lieu du vote, et c’est ça qu’on présente). Malgré mon insistance et mon accent d’espèce d’étranger, personne n’a voulu regarder ma carte d’identité. On peut donc voter pour quelqu’un d’autre si on lui vole son courrier. D’ailleurs on ne signe pas non plus.

En échange de mon sourire hébété et de mon accent et de ma carte d’identité on me donne trois papiers. Trois pour le prix d’un, je suis ravi !

Je vais donc me cacher dans l’urne l’isoloir (merci Marc!), plein de gespanntitude. L’isoloir n’est pas une cage noire avec un rideau, mais juste une table avec des panneaux à droite et à gauche.

Je déplie le premier papier. Ah tiens, on vote aussi pour le maire de Munich (Oberbürgermeister – le maitre du burger d’en haut ?) !

Je déplie le deuxième papier. Ah tiens, je ne savais pas qu’il existe un représentant du quartier (Stadtbezirk) ! Super important car je n’en ai jamais entendu parlé. Donc je vote au pif.

Je déplie le troisième papier, celui tant attendu pour choisir les 80 clampins du Stadtsrat (conseillers municipaux ?). Puis le déplie encore. Puis encore une fois. On m’avait prévenu qu’il serait assez grand, mais j’avais cru qu’il ne dépasserait pas la taille de la table. Je continue à déplier. Tiens, je vais faire comme les journalistes professionnels et recopier bêtement les tweets au lieu de faire des photos moi-même.

C’est pas comme en France où on doit mettre un papier dans une enveloppe ; ici en Allemagne, le vote ressemble plutôt à un QCM où on doit mettre des croix un peu partout. Chaque colonne est un parti avec la liste des candidats. Il y a 14 colonnes et jusqu’à 80 lignes par colonne.

Les instructions abrégées sont les suivantes : vous avez trois papiers. 1 voix pour le premier, 11 (? je sais plus bien) pour le deuxième et 80 voix pour le troisième papier. Démerdez-vous !

Quand on lit les instructions plus en détail, on regrette. En gros, on a 80 voix, mais on peut mettre une croix juste pour un parti. Alors les personnes de la liste reçoivent un nombre de voix entre 1 et 3, suivant leurs positions et la position des astres à l’heure du vote. On peut aussi cocher un parti, mais donner 1 à 3 voix à une personne d’un autre parti, tout en rayant les gens qu’on n’aime pas dans le parti initial. Bref, ceux qui veulent peuvent y passer la journée (il faut quand même prévoir 30 minutes de rab avant de rendre sa copie pour avoir le temps de replier le papier correctement). Ceux qui doivent ensuite relire les bulletins – et vérifier que la somme ne dépasse pas 80 – peuvent y passer la nuit (Ah mais on m’apprend qu’ils ont des machines pour ça maintenant, ouf!).

Le seul hic : je n’ai reçu aucune présentation des différentes personnes, je ne les ai jamais vu à la télé, ni dans les journaux. Je peux certes créer mon propre cocktail des candidats, mais le seul critère que j’ai pour les juger c’est s’ils ont un nom rigolo, un nom sérieux ou un nom de crétin.

Moi j’avais faim et j’étais pressé. Je choisis donc l’option la plus simple : je coche juste un parti et puis ils n’ont qu’à se débrouiller pour les détails. La démocratie c’est bien mais ça ne marche pas quand on a faim si on laisse voter les gens sans les informer avant, ça va couiller.

 

La chasse aux Krapfen sauvages

Comme tous les ans, entre Noël et Fasching (qui n’est pas le jour où on se fâche, mais apparemment qui veut dire Carnaval), c’est le seul moment où l’on peut avoir des Krapfen, partout. D’ailleurs plus on se rapproche de la date, et moins c’est cher. Vendredi, c’était 1 Krapfen pour 1 euro. Samedi c’était 2 Krapfen pour 1 euro, et aujourd’hui, lundi, le Krapfen était gratuit (dans la limite de 1 chacun, mais ça suffit amplement).

Les Krapfen traditionnels sont juste des beignets aux pommes, à l’abricot à la place de la pomme, et n’ont rien d’exceptionnel. Moi, je suis à la recherche de Krapfen exceptionnels : ceux de Rischart qui sont des oeuvres d’art.

Un Krapfen normal (©GFDL de Wikimedia Commons)

Un Krapfen normal (©GFDL de Wikimedia Commons)

Un Krapfen chez Rischart

Un Krapfen de chez Rischart (flou non-artistique fait par moi-même)

Mes bonnes résolutions du nouvel an, chaque année, sont d’essayer un nouveau Krapfen de chez Rischart. Mais cette année c’est une catastrophe.

Dans ma longue vie munichoise, j’ai déjà essayé :

  • le Schwarzwalderkrapfen (dont j’ai déjà parlé), comme le gateau forêt noire, à la cerise et au chocolat
  • le Tiramisukrapfen (dont j’ai aussi déjà parlé), comme un tiramisu, au mascarpone avec un peu de chocolat, du café, et j’imagine aussi de l’amaretto
  • le Schoko-Bananen-Krapfen (eh oui j’en ai parlé), à la crème chocolat-banane
  • le Eierlikörkrapfen, à la liqueur d’oeuf, mais que j’ai moins aimé, donc je n’en ai pas parlé
  • le Bienenstichkrapfen, (à la piqure d’abeille) à la crème et au miel avec des amandes, qui est très bon même si je n’en ai apparemment pas encore parlé.

Et je n’ai pas essayé en fait un seul qui est le Himburgerkrapfen, à la confiture de framboise (Himbeeren), parce qu’il ne m’intéresse pas.

Mais comme je disais, cette année, c’est une catastrophe catastrophique, car à chaque fois que je passe chez Rischart, ils ont soit rien que du classique (et ce jour là j’ai fait 3 Rischart à la suite…), soit uniquement le Schoko-Bananen-Krapfen que j’ai déjà eu deux fois cette année (normalement je n’ai le droit qu’à une fois chaque sorte chaque année, pour m’obliger à en découvrir de nouveaux).

Et, encore pire, le fameux Fasching c’est demain ! (traditionnellement à Munich, on nous donne l’après-midi libre), et après ça, plus de Krapfen !! Il faut donc que je me motive demain matin pour courir à Rischart chercher mes derniers Krapfen, avant qu’ils n’aient plus rien.

 

Bref, tout ça pour dire que quand même, j’ai de vrais problèmes existentiels. Non parce que sinon je construis une maison, et ça c’est beaucoup moins drôle. Ça fait certes beaucoup d’histoires à raconter, mais comme vous le voyez lisez, je n’en parle jamais, car j’attends d’avoir un peu plus de recul pour pouvoir en rire. Donc en attendant, je me détend avec les Krapfen, surtout que moi j’ai beaucoup de mal à gagner des kilos. D’ailleurs il faudra que j’essaye si je peux avoir une ordonnance pour acheter des pâtisseries 🙂