Archives mensuelles : décembre 2015

Faire des Spätzle, mode faignant

Les Spätzle, ça se mange et c’est bon.

« Spätzle » c’est un mot rigolo. Parce que c’est un mot du dialecte souabe, et le dialecte souabe est rigolo (contrairement au dialecte bavarois qui est moche. En bavarois on dirait « Spatzl » – je crois – et on voit bien que c’est moche et ça n’a rien à voir avec Spätzle qui est rigolo)

Spätzle ça veut dire petit moineau, c’est mignon, car soi-disant que dans l’assiette ça ressemble à un nid de moineaux. À mon avis ça ressemble plutôt aux cheveux de la Meduse, mais moi ils me demandent jamais mon avis avant de donner des noms.

Voyez plutôt, ça ressemble à ça :

Je sais, l’aspect esthétique… mais c’est bon. ©Wikipedia

C’est un mélange de farine, d’oeufs, et puis voilà. Un peu comme des pâtes italiennes, mais plus gros, qui rappellerait un peu les gnocchi, mais moins gros et sans pomme de terre. Bref, c’est des Spätzle et c’est une spécialité culinaire d’ici alors y en a pas ailleurs. Ceux qui sont venus chez moi d’ailleurs en ont eu même s’ils ne se souviennent pas. Ça se mange généralement en Käsespätzle, avec des oignons, du fromage rapé, et hop au four, ou alors en accompagnement d’une viande rouge avec beaucoup de sauce, car les Spätzle boivent la sauce et deviennent meilleurs.

Il y a plusieurs manières de faire les Spätzle.

Les deux extrêmes, c’est de les faire soi-même, ou de les acheter tout fait.

Les faire soi-même, qu’on va appeler la méthode reloue, ça n’a pas l’air trop compliqué en soi, le problème c’est qu’il faut le bon outillage. Soit on a une petite presse manuelle, comme pour râper du fromage, et là ça dure une éternité, soit on a une grosse presse de ouf, qui ressemble à une presse à viande hachée, mais on n’a pas forcément ça chez soi, et puis ça colle de partout, et puis après il faut nettoyer l’outillage.

Presse à Spätzle de ouf, ©Wikipedia

Sinon pour les grosses faignasses, ça s’achète en paquet emballé dans du pasbon plastique.

Dans l’eau bouillante et c’est prêt, mais moins bon que les Spätzle frais.

Heureusement il y a des solutions intermédiaires,

D’abord il existe un super outil pour faire des Spätzle sans avoir la grosse presse ou la petite presse, et en plus le nom de l’outil est génial, c’est le Spätzle-Shaker. Et ça ressemble aux bouteilles en plastique pour boire à vélo :

Il suffit de remplir dedans avec l’eau les oeufs et la farine selon le trait, puis on secoue pour mélanger (avant d’ouvrir les trous en haut…) que c’est pratique car sinon c’est un mélange assez collant, puis on ouvre les trous en haut, puis on presse pour que ça tombe dans l’eau bouillante. Et puis c’est prêt.

Comme je n’ai même pas ça, mais que quand même d’abord, ils ont inventé un tout nouveau truc nouveau pour avoir quand même des bons Spätzle, c’est Frizle qu’on a trouvé à Rewe. C’est au frais dans un emballage en carton, qui contient déjà le mélange, et il n’y a qu’à libérer les trous et presser au dessus de la casserole comme sur l’emballage.

Et ben comme ça c’était super bon comme des frais, et super rapide comme des pas frais 🙂 En plus les oeufs sont bios dedans, et moi j’aime le bio. Et en plus de plus y a rien à laver.

(On va dire que l’emballage est recyclable).

((Et puis on va dire que je me suis pas posé la question)).

Paré pour Noël

Je suis prêt pour Noël, il peut venir 🙂

D’abord on a fait nos Plätzchen. Cette fois on a cuisiné toute la journée pour faire des quantités gastronomiques.

Voici les plus jolis spécimens, avec sous-titres :

platzchen2

Le Vanillekipferl, en français « croissant de lune », c’est du sucre, du beurre et plein plein de vanille. Notre valeur sure, il part toujours en premier.
Le Schokokipferl c’est pareil mais il faut enlever délicatement la vanille pour mettre du chocolat à la place.
Le Florentiner c’est comme une bouillie de sucre, d’amande et de canneberge (cranberry?) qu’on met au four en espérant que ça s’agglomère en un truc de taille qu’on peut manger (ça a marché).
[ instant linguistique : Hé, vous saviez que les allemands ont un mot (deux mots…) pour dire « un truc de taille qu’on peut manger » ? Et bien c’est « mundgerechte Stück » une expression que j’aime bien utiliser quand j’en ai l’occasion (pas tellement souvent, mais plus souvent que papperlapap)! ]
Le Makronen (ici à l’Haselnuss noisette) c’est compliqué à faire car il faut aller à l’église toute l’année chaque semaine pour récupérer l’hostie. Surtout ne pas la manger, car on met par dessus une espèce de meringue à la noisette. C’est pas catholique mais c’est vachement meilleur.
Le Zimsterne qui est une pâte à base de sucre (et oui sucre partout) de noisette, et de jaune d’oeuf, puis on rajoute le blanc d’oeuf (mélangé avec du sucre !), par dessus pour faire une meringue, délicatement avec un pinceau, sur chaque morceau, un par un, alors que ça colle de partout, ahhhhhhhhhhhh, pour la peine je ne les prête pas ceux là. C’est que moi qui les mange !
Il serait encore plus joli si on avait trouvé un Ausstecher (un découpe-détachateur = un moule ?) à étoile de la bonne taille, au lieu de ne vendre que des moules à la con en forme de champignon, de père-noel, de chien, d’ange et de patatoïde bicéphale (Möbel Höffner grrr). Là on a triché avec la forme d’étoile filante, puis on a coupé la queue. Heureusement, les moches sont bons aussi.

 

Et puis pour la première fois, dans ma belle maison toute neuve, j’ai un sapin, qui est à moi, que j’ai choisi moi-même dans le magasin, avec amour, que j’ai mis moi-même dans ma voiture (à moi aussi la voiture) que j’ai conduit chez moi en prenant les virages doucement, que j’ai démailloté en faisant attention de pas lui faire mal, que j’ai planté violemment dans le porte sapin (en m’excusant et surtout en espérant que ça tienne), et puis en lui donnant de la bonne eau qu’elle est bonne (du robinet). Et puis on l’a mis dans le Erker (oriel, ou encorbellement en français, ça vous dit quelque chose ??) de la maison, qu’on a conçu spécialement pour qu’on y puisse mettre le sapin (et sinon un siège super relaxe le reste de l’année).

La déco par contre c’est pas moi. C’est pour ça que c’est beau. (le pschittpschitt qui traîne à côté du sapin, ben… c’est moi, oups)

sapin2

C’est un sapin Nordmann qui a l’intelligence de pousser droit et de ne pas trop perdre ses épines. Mais il ne sent pas trop grand chose.

J’aime mon sapin.