Archives mensuelles : septembre 2016

L’été pluvieux ensoleillé paradoxal de Munich

Selon une statistique scientifique qui analyse les jours de soleils et la quantité de pluie des jours d’été (juin, juillet, aout) depuis trente ans, en Allemagne, on apprend que :

  • Munich est la ville où il y a le plus de jours de soleil en été (ex aequo avec Freiburg). En même temps il s’agit d’un peu moins d’un jour sur trois, donc ne revez pas trop.
  • Munich est aussi, et de loin, la ville où il y a le plus de pluie en été (un peu plus d’un jour sur trois).
  • Ça veut dire qu’en moyenne un été à Munich c’est une semaine de beau temps, puis une semaine de gris puis une semaine de pluie, puis après la pluie le beau temps. Évidemment, comme la psychologie joue un rôle et que les jours de beau temps passent toujours plus vite, on a plutôt l’impression en fait d’avoir un jour de beau suivi par une semaine de vache qui pisse des hallebardes à Gravelote.

On voit que dans les villes du nord, il y a moins de soleil. Il y a aussi moins de pluie. Il fait donc plus souvent un temps de rien, grisounet, j’imagine. C’est pour ça que les gens du sud ne veulent pas aller au nord.

Les gens du nord ont surement un moyen de tourner les statistiques en leur faveur et d’être content quand même, mais je ne vais pas faire le travail à leur place. Non mais !

 

Bierkäse – fromage de ou à la bière

En Allemagne on ne trouve pas forcément les fromages que l’on connait.

On trouve bien du camembert et du brie (parfois sans gout, parfois bien). On trouve du bleu et du reblochon, et des rouleaux de chèvre. Par contre il est beaucoup plus rare de voir par exemple tomme de savoie, de pyrénées, saint nectaire, etc. que l’on trouve assez facilement au supermarché français.

On trouve en revanche de nombreux fromages que l’on va appeler des fromages bizarres.

Des goudas rouges pimentés, des fromages dont la croute est garnie de pétales de fleurs, du fromage au pesto. Ils ne sont généralement pas de mon gout. Le fromage lui-même est souvent toujours le même, sans gout, et les épices ajoutées ne vont pas avec.

Pourtant je suis aventureux et j’essaie. Si c’est bon, c’est bon ; si c’est pas bon ça me fait un truc à raconter.

Le fromage bizarre du titre de l’article, photo non-appétissante ci-dessous (c’est aussi à cause de l’éclairage et pas uniquement à cause du fromage) s’appelle Bierkäse (fromage bière).

bierkase

Le Bierkäse comme ça en voyant le nom, on image que le lait a été mélangé avec de la bière pour donner un goût unique audacieux et peut-être-bon-je-sais-pas-faut-essayer.

On est un peu désenchanté déjà en lisant l’étiquette où on apprend que c’est juste la croûte qui a été délicatement imprégnée de bière. D’autre part la croûte ne se mange pas. Reste à savoir si le goût migre à travers la croûte.

Donc je l’achète et je rentre avec.

Je le déballe.

Ça sent « bizarre ». Ou plus exactement ça sent la soupe.

Je goute. Ça n’a pas du tout le goût de bière. Par contre ça a bien un gout. Un gout « bizarre » ou plus exactement un gout de soupe.

Et ben oui quand on lit le reste de l’étiquette, il y a des oignons et de la ciboulette dans le fromage.

Pourtant selon le producteur c’est super bon

Bier und Käse – perfekt kombiniert
Bière et fromage – combiné parfaitement
(ce que je me suis dit en l’achetant « combinaison cheloue, mais si ça se trouve c’est bon »)

Die Kombination von Rotkulturen und Bieraroma verleiht diesem aromatisch-würzigen Schnittkäse mit 50 % Fett i. Tr. ein sehr stimmiges Geschmacksaroma, das durch eine Gewürzmischung aus Natursalz, Schnittlauch und Zwiebeln unterstrichen wird.
La combinaison du frometon et de la bière donne à ce fromage un gout de ouf qui est souligné avec les épices qu’on avait sous la main, du sel du ciboulette et du oignon.

Sein »bieriges« Aroma erreicht der Käse, indem er am Ende der Reifezeit in Weizenbier eingelegt wird. Vollenden Sie dieses Geschmackserlebnis, indem Sie zum Käse ein Märzenbier oder ein helles Weißbier genießen
Le fromage obtient son arome « biérifiant » quand qu’il est fini et qu’on le trempe dans de la bière blanche qu’on ne peut plus boire après. Cet évènement gustatif extraordinaire pour vos papilles subtiles (je sais pas comment traduire « Geschmackserlebnis » mot que j’aime bien utiliser en allemand) devient plus encore meilleur si qu’on boit une bière avec (au moins comme ça on a le gout de bière qui manque dans le fromage).

 

Autrement il existe un fromage similaire, le Rotweinkäse, qui aussi a une croûte imbibée de vin rouge, mais qui ne se mange pas, et qui n’a pas non plus de gout de vin rouge dans le fromage.

Même si c’est trop de l’arnaque, le Rotweinkäse est meilleur car il est plus joli, avec une croute rouge au lieu d’un croûte moche, et puis il a un gout de fromage qui n’a pas de gout au lieu d’avoir un gout de soupe.

Voilà pour mes expériences d’intégration.