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Vroumvroum la France

J’ai roulé pour la première fois en France, avec mes habitudes allemandes…

Mes impressions :

1. Mais où sont-ils tous passés ?? Les autoroutes françaises sont viiiiiiiiiiiiides (sauf aux alentours de Paris mais ça ne compte pas)

2. En particulier, la voie de gauche est extra-viiiiiiiiiiiiide

3. (après 10 minutes d’observation de la voie de gauche) youpi, je peux doubler sur la voie de gauche sans craindre qu’un inconscient arrive tout à coup à 200km/h (en Allemagne, je ne roule (presque) jamais sur la voie de gauche, car je me traine à 140 km/h)

France, vous connaissez.
Allemagne. Le carré bleu « 130 » indique une vitesse conseillée (Richtsgeschwindigkeit). Je ne pense pas que ce panneau existe en France.

4. 130 km/h c’est lent… (notamment pour doubler, et en particulier sur des autoroutes tellement vides).

4½. et en plus, si j’avais le permis Français, j’aurais le A de la honte sur le derrière avec obligation de rouler à 110km/h. Que je suis content d’avoir un permis allemand !!

5. Zut il pleut… limite à 110 km/h… c’est piiiiiiiiiiiire (en Allemagne, il n’y a pas de limite différente par temps de pluie, mais le code de la route mentionne qu’il faut adapter la vitesse aux conditions de la route et à la météo).

6. Vers Paris c’est le bordel (tout à coup plein de gens de partout et des entrées/sorties d’autoroutes tous les 100m. Merci mon GPS)

7. les petites routes en France sont vraiment petites, à peine la place pour ma voiture (tiens j’avais pas remarqué, mais c’est une rue à double sens en plus)

7½. et la qualité des petites routes est assez mauvaise (c’est l’inverse en Allemagne, petites routes bien goudronnées, mais autoroutes pouraves (sauf dans le Nord où ils profitent de toutes les subventions, m’apprennent certains Allemands du sud))

7¾. et j’en ai marre de tous ces trucs inutiles partout pour empêcher les gens de conduire normalement, comme des dos d’ânes qui abiment la voiture, des chicanes et des ronds points suivis de ronds points.

8. Le feu rouge passe au vert direct, sans la case rouge-orangée. On perd au moins une demi-seconde au démarrage, c’est inadmissible !

9. Je vais faire le plein. En bon Allemand, j’ai appris à me méfier du SP95 E-10 qui soi-disant abime le moteur, et donc je cherche du E-5 (que l’on trouve encore partout en Allemagne, alors que le E-10 n’est pas toujours proposé). Mais… il n’y a que de E-10 en France ? Et il n’y a pas eu de révoltes ?

10. Parking de Auchan. Ok, je me gare, loin de tous les autres, et je surveille la voiture du coin de l’œil, car vu les épaves (ça roule encore ça ?) et les voitures abimées (Hého les Français : les bosses ça se répare, les rayures ça se repeint… une voiture, ça se lustre tous les samedis) qui trainent, j’aimerais pas qu’on me fasse une rayure sur ma belle voiture toute neuve (ça c’est mon côté très allemand). Eh c’est quoi cette bonne femme qui s’attarde devant ma voiture… T’as jamais vu une voiture neuve ?

Maintenant me revoilou en Allemagne, ouf ! Les travaux sur l’autoroute Munich-Karlsruhe devraient durer jusqu’en 2015, bof ! Et j’en ai marre des Schneckenrennen Elefantenrennen !

Quoi c’est un Elefantenrennen ? Littéralement « course d’éléphants », c’est un camion qui tout à coup change de voie (en général sans regarder si quelqu’un arrive derrière, ils mettent le clignotant et hop… sensation forte garantie quand on est juste à côté du camion, ça m’est arrivé et je ne suis pas le seul), et accélère à fond jusqu’à 91 km/h pour doubler un autre camion qui se traine à 90 km/h.

Passer le permis en Allemagne (3) : la pratique

Pour les épisodes précédents, voir :
Passer le permis (1) : s’inscrire
Passer le permis (2) : la théorie

En Allemagne, comme en France, quand on demande « combien de temps dure une heure de conduite ? », la réponse est la même « c’est comme à l’école ». Sauf que, en France, une heure d’école dure 55 minutes. En Allemagne, c’est 45 minutes. Donc, en toute logique, 2 heures de conduite durent 1h30… (je vous laisse faire le calcul pour 4 heures)

Alors il ne faut pas s’étonner si le nombre d’heures moyen est plus élevé en Allemagne. J’ai passé le permis après 37 heures de leçons, ce qui, m’a-t-on dit, est plutôt pas mal. La moyenne nationale est de 42 heures. En France, c’est plutôt 30, non ? [Quoique avec la conduite accompagnée, ça fausse les statistiques. D’ailleurs en Allemagne, la conduite accompagnée est finalement très peu répandue, car possible uniquement à partir de 17 ans, et le permis normal à 18 ans, donc ça ne vaut pas vraiment le coup]

Ici, le prix maximal de l’heure de conduite est fixé par la loi. Il est de 35€ de l’heure (enfin des 45 minutes) pour une heure normale, et 45€ de l’heure pour une heure obligatoire (qui dure aussi 45 minutes, qui est aussi avec la même voiture, le même moniteur, mais qui coûte quand même plus cher, pour une raison qui m’échappe). C’est le prix maximal autorisé, mais c’était aussi le prix de mon notoécole. Maintenant ils sont d’ailleurs passé à 37/47. Pas de tarifs « 25 heures à prix réduit », ici on paye chaque heure. D’ailleurs, on la paye directement au moniteur à chaque cours, et non par groupe de 5-10 au bureau.

Les heures obligatoires (Sonderfahrstunden, littéralement « heures de conduites particulières/exceptionnelles », mais qui est un euphémisme pour dire « obligatoire », sauf que « Pflichtfahrstunden » ça aurait fait un peu trop autoritaire), j’ai mis un peu du temps à comprendre comment qu’est-ce que ça marche. Je sais pas si c’est partout pareil, mais dans mon auto-école c’était ainsi :

  1. D’abord, on prend des heures de cours, pour apprendre à conduire (jusque là, tout à fait normal).  Il se peut que ces heures de cours soient la nuit, ou sur autoroute.
  2. Ensuite, quand on sait à peu près bien conduire (après 25-30h environ), on fait les 12 Sonderfahrstunden d’un coup, qui sont composées de 5 heures en dehors de la ville, 4 heures sur autoroute, et 3 heures la nuit. Je sais pas pour vous, mais moi je trouve que la conduite hors ville (en campagne donc) et sur autoroute est le plus facile, et donc c’est bizarre d’attendre de savoir déjà conduire pas mal pour faire ça. C’est bizarre aussi de payer plus cher un cours plus simple… Pour les heures de nuit, comme j’ai commencé en novembre, j’ai appris pendant tout l’hiver (neige + nuit = fun), donc les heures de nuit étaient aussi trop tard.
  3. Après avoir fait les Sonderfahrstunden, on a le droit officiel de s’inscrire au permis de conduire, mais avant, on fait 1-2 heures de faux examen avec le moniteur, car après toutes ces heures faciles, on a oublié comment conduire en ville. Quand il est content, on s’inscrit et on fait à nouveau 2-3 faux examens en attendant.

Avantage par rapport à la France (du moins par rapport à là d’où je venais, banlieue parisienne), c’est que quand on s’inscrit pour l’examen, on trouve un place après 1 ou 2 semaines, même si on rate et qu’on doit le repasser. En France on m’avait annoncé un délai de 4 à 6 mois entre chaque passage, le temps d’oublier comment on conduit (et payer plus de cours).

Concernant la qualité des cours reçus, les moniteurs d’Allemagne m’ont moins l’air de branleurs que ceux que j’ai vu en France. Par exemple, ils parlent allemand couramment, c’est déjà pas mal hein!
Sauf le premier moniteur que j’ai choisi car il avait un emploi du temps assez vide, mais qui était un super-connard : déjà il ne parlait pas allemand couramment, mais bavarois, et en plus ils me criait dessus à chaque erreur que je faisais, ce qui ne vas pas du tout pour un enseignant (surtout que je ne suis pas un jeune boutonneux de 18 ans, je suis un vieux boutonneux de 28 ans). Pour compléter le tableau, il mettait la radio pendant l’heure de conduite (au lieu de me parler) et chantait avec la radio ou récitait les publicités, sauf quand il utilisait le téléphone pour téléphoner à sa femme. Bizarrement, il a quitté l’auto-école assez vite, alors qu’il était prévu qu’il y obtienne un poste permanent. Bon bref, le moniteur que j’ai eu ensuite était très très bien.

Après tout ça, arrive le jour J du permis. Ça se passe comme en France, aux différences que : on ne passe pas par deux élèves, mais tout seul, et l’examinateur ne s’installe pas à côté du conducteur, mais derrière. C’est donc le moniteur qui reste à côté, mais la voiture est programmée pour faire bèèèèèèèèèp si il appuie sur une pédale, et donc tout le monde sait que c’est perdu. Par contre, le coup de l’examinateur qui touche le volant juste pour dire qu’il l’a touché car ses quotas sont déjà fait pour le mois, ça ne peut pas exister avec ce système.

Après, si on a bien conduit, l’examinateur (qui a papoté pendant tout le trajet avec le moniteur, mais à quand même vu toutes mes zerreurs) donne directement le permis format carte de crédit qui avait déjà été préparé à l’avance (il a juste à mettre la date). Pas d’attente, pas de suspens inutile !

Moi, comme un bon français, j’ai cru que c’était un permis temporaire. Et donc quand j’ai demandé comment l’échanger contre un vrai permis, ils n’ont pas compris la question…

PS : pour la question éternelle de la vitesse, j’ai conduit la vitesse maximale autorisée (pas 5-10 de plus comme certains conseillent, mais le compteur juste sur 50), et je n’ai pas eu de réflexions à ce sujet.

Passer le permis en Allemagne (2) : la théorie

Si vous avez manqué le début, il faut d’abord s’inscrire.

Après (et même avant !), on peut se préparer à la théorie.

En France, c’était facile : on s’inscrit et on reçoit un livre, qu’on lit si on a envie, puis après on vient de temps en temps à l’auto-école pour passer des tests en blanc, et quand on fait une erreur, le moniteur explique. Ensuite on passe le vrai test dans une espèce de salle de cinéma avec des questions qui ne sont pas connues à l’avance.

En Allemagne c’est pareil mais ça n’a rien à voir.

D’abord, il y a des cours de théorie. Pas juste des QCM avec les réponses expliquées, mais des vrais cours de type présentations Powerpoint avec un moniteur qui présente. Les cours sont au nombre de 14 et durent 1h30 chacun. Dans mon auto-école, c’était 4 cours par semaine (du lundi au jeudi), à partir de 18h30 (pour une fois, pratique pour les gens qui travaillent (moi moi)). Chaque jour, le numéro du cours s’incrémente. Si on veut faire les 14 cours, il faut donc bien viser les jours où on y va, car si on rate le numéro que l’on voulait, il ne revient que 3 semaines plus tard. Attention aussi aux jours fériés (je me suis fait avoir…)

Ils ont quand même prévu qu’on puisse rater 1 ou 2 cours parmis les 14, mais dans ce cas il faut faire 1 ou 2 autres cours en double. Ne me demandez pas la logique, s’il vous plait. De plus, on n’a pas le droit de rater les cours 13 et 14 qui sont vachement importants puisqu’on n’a pas le droit de les rater. Aller aux cours donne le droit de se présenter à l’examen.

Une autre différence d’avec la France, c’est que quand on s’inscrit, on ne reçoit pas automatiquement un livre. L’auto-école propose tout de même un livre, mais il coute 30 euros et c’est en allemand. Comme on a le choix, on hésite : y a d’autres livres mieux ? moins chers ? en français ? faut-il vraiment un livre ou peut-on tout trouver sur Internet ?

J’ai donc commencé par Internet. J’ai trouvé en ligne le texte de loi du code de la route ( http://www.gesetze-im-internet.de/bundesrecht/stvo/gesamt.pdf ). Je l’ai téléchargé comme ça, sans trop y croire ; je m’attendais à quelque chose de complètement illisible mais en fait c’est tout à fait abordable, notamment la deuxième moitié où c’est presque que des images…

Avec ça on a réponse aux questions concernant la priorité, les limitations de vitesses, les panneaux, etc. le code quoi. Par contre, dans les questions théoriques, il y a aussi des questions techniques. Par exemple « quand je freine, ma voiture à tendance à se déporter vers la gauche, keskivapa ? » ou « mon feu de position ne s’allume plus, quel peut être le problème ? » (il n’y a pas la réponse « je vais voir le garagiste »).

Pour ça, le plus simple est d’apprendre les questions par coeur. En effet, contrairement à la France, en Allemagne toutes les questions sont connues à l’avance. Il y en a environ 950 pour le permis B, dont 30 seront sélectionnées au hasard le jour du test. On peut les consulter gratuitement en ligne ( sur fahrschule.de ). L’autre méthode est d’aller chercher un CD à la bibliothèque, mais celui que j’avais trouvé contenait des réponses fausses. Achtung donc ! Il y a aussi le risque que le CD ne soit pas assez récent et ne contienne pas les dernières questions.

J’ai donc appris les 950 questions et leurs réponses par cœur. Et il y a tout plein de mots techniques allemands trop compliqués ! J’ai bien essayé de me faire un lexique ( ici ) mais je n’ai pas réussi à tout retenir. Mais en fait, pas la peine de comprendre le mot ou la réponse (par exemple de cette question…), il faut juste savoir où cliquer. Attention au piège cependant : même si les questions et les réponses sont connues à l’avance, l’ordre des réponses peut changer ! (durdur, hein ?)

Le système des questions est aussi différent de la France. Il y a plusieurs types de questions, depuis les questions importantes à 5 points (qui a la priorité ?) aux questions pas trop importantes à 2 points. Sur les 30 questions, il faut perdre au maximum 10 points, et pas plus d’une question à 5 points.

Le jour du test, on n’a pas la télécommande pourri de France où on ne sait jamais si les réponses sont bien enregistrées (à moins que ça ait changé ?), on a chacun une tablette graphique tactile individuelle. Ce qui est bien c’est qu’on peut revenir sur les questions, pour revérifier, et il n’y a pas de pression au niveau du temps (mais quand on connait les réponses de toute façon, ça va vite). Quand on a fini, on poireaute un peu, puis le résultat s’affiche sur l’écran.

Grace à ce système de tablettes individuelles, il est possible de choisir sa langue, parmis 10 langues je crois. Moi j’ai choisi de le passer en allemand plutôt qu’en français car (au choix) :
– en français c’était plus cher
– ça me force à travailler un peu mon allemand
– de toute façon les CDs et les ressources sur Internet sont en allemand
– de toute façon le moniteur parle en allemand (éventuellement bavarois) pour les cours de conduite, alors il vaut mieux apprendre les mots.

Et puis d’abord, même en allemand, j’ai fait 0 fautes du premier coup ! Je suis fier comme un poux (Stolz wie eine Kopflaus??) et je m’en réjouis comme une escalope.

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Passer le permis en Allemagne (1) : s’inscrire

Alors je vais expliquer comment ça se passe le permis de conduire en Allemagne, et en quoi c’est différent de la France.

Et je commence par le commencement : s’inscrire.

En France, si ça n’a pas changé, ça se passe comme ça: on va à l’autoécole avec des photos, une pièce d’identité et de l’argent, et hop là on est inscrit et il n’y a rien à raconter de plus.

En Allemagne, je me suis donc pointé à l’autoécole avec ma bonne volonté, ma pièce d’identité et de l’argent, et il m’ont donné une feuille de papier.
La feuille de papier explique que pour s’inscrire, il faut des photos et une pièce d’identité (jusque là, tout à fait normal), mais aussi un certificat prouvant qu’on a le brevet de secourisme, et un test de vue.

La méthode à rallonge, pour celui qui a du temps à perdre, consiste à aller chez le photographe pour les photos, chez titi-tintin pour le brevet de secourisme, et chez un opticien pour le test de vue.

Heureusement qu’ils ont tout prévu : quand on fait la formation de secourisme, il y a une option (5€ de plus) pour avoir en plus les photos et le test de vue.

La formation de secourisme, c’est une demi-journée, avec un jeune volontaire qui parle mal allemand (comme un jeune étudiant quoi) et que j’ai bien galéré pour entraver qu’est ce que c’est quoi qu’il me cause le mec, mais j’ai quand même réussi à répondre à une question (je sais plus laquelle) et à faire les épreuves pratiques qui sont obligatoires (facile : regarder les autres et faire pareil). Je suis donc maintenant capable de :
– enlever les casques de motos des gens, même s’ils ne sont pas d’accord.
– sauver quelqu’un qui est assis sur une table et qui n’arrive pas à descendre (mais on fait comme si en fait il est inconscient dans une voiture)
– faire que quelqu’un appelle un taxi, même quand il est allongé par terre et inconscient, mais c’est une feinte, car après on le roule sur le côté et on attend l’ambulance
– coller un nez et un menton en silicone sur une poupée en plastique, lui souffler dans le nez (c’est plus facile que la bouche) et lui écraser les côtes jusqu’à ce que rien ne se passe car la poupée n’est pas motorisée alors elle n’est pas prête de se ranimer.

Donc vous ne craignez plus rien.

Ensuite, on reçoit un joli certificat, les photos etc. et on ne retourne pas à l’autoécole, car ça serait trop simple.

On va au Kfz-zulassenstellung ou Kfz-zulassungstellen avec tous les documents, on fait la queue pour apprendre qu’on a gagné le droit de refaire la queue au troisième étage (mais nous on a triché, on a pris un tiquet, on est allé se promener et on est revenu 1h plus tard et il fallait encore attendre 30 minutes). Un môssieur vérifie les documents, il demande dans quelle langue on veut passer la théorie et il donne une facture, mais on peut pas payer le môssieur directement, ça serait trop simple. On descend faire la queue autre part (moins longtemps), on paie, et on revient voir le môssieur, cette fois sans faire la queue, mais en toquant à la porte car on est poli, et le môssieur on lui donne le reçu qu’on a bien payé et il dit « merci ».

Ensuite on rentre chez soi, sans rien.

Car il faut attendre que le Kfz-truc envoie une confirmation à l’autoécole comme quoi on est bien inscrit. Ça prend 6 semaines, parce que c’est comme ça.

Puis un jour, on reçoit un courrier de l’autoécole : ça y est, on est inscrit !

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Se régaler en première classe…

J’ai pu faire l’expérience de la bouffe première classe dans un TGV (aller) et dans un ICE (retour) entre Paris et Munich.

Rappel : on a le droit à un repas gratuit inclus dans le prix du billet quand on voyage en première classe et qu’on traverse la frontière, sauf strassbourg-karlsruhe car c’est trop court pour manger. Pour ceux qui n’osent pas traverser la frontière, il faut payer le repas en plus.

  • Dans le TGV, il faut aller le chercher dans le bar-restaurant (« un choix de produits régionaux vous sera offert » qu’ils disent, est à traduire par « des sandwiches jambon-beurre seront sortis du congélateur »).
  • Dans le ICE, quand on est en première classe, on peut commander et on est servi sur place. Astuce : le mec du wagon derrière a commandé une currywurst. Après l’avoir mangé, il a dit que c’était trop froid, et il en a eu une deuxième gratuite. Si vous essayez, racontez-moi.

Mais moi, j’ai le droit au repas des traverseurs de frontières. Voici un comparatif TGV vs. ICE en images :

Aperçu

À gauche : aperçu du repas Tout&Bien (TGV), à droite repas de la Bahn (ICE).

L’entrée

Chez TGV, nous avons du melon, bon et bien frais, avec un jambon de pays un peu dur à découper, bon mais du coup difficile à avaler. Chez ICE, une salade pas mal, sauf les raisins qui n’ont rien à faire là, et ça manque un peu de sauce. Notez le « fabriqué par » : tous les plats ICE sont en fait français, mais d’une société concurrente de tout&bien (et non pas tout&bon, ce qui serait de la publicité mensongère).

Le plat principal

TGV : ho, un pti’ wrap ! Le premier et le meilleur wrap que j’ai mangé était un Kangoowrap dans un bar australien à Berlin (c’était aussi la première fois que je goutais de la viande de kangourou). Celui là n’a rien à voir : il est au poulet, avalable mais sans plus, fade et sans gout.

ICE : une omelette française (bonne), du riz cantonais (un peu sec mais bon), des super tomates séchées et un dixième de feuille de salade pour justifier le nom de « salade de riz omelette ».

Aucun des deux plats n’est chauffé… Température ambiante, c’est dommage (je rappelle qu’on est en première classe, il n’y a pas plus luxueux).

Le dessert

À gauche : le fondant au chocolat du TGV, très bon. À droite : le dessert non-existant de l’ICE… Si vous regardez l’image tout en haut, on voit ce qui est considéré comme un dessert : le mini-mars et le mini-fromage… dommage.

Les couverts

Dans l’ICE (à droite), la chose la plus dure à découper est l’omelette, mais on a le droit à des couverts en métal pour ça (et même du WMF en plus !). Dans le TGV, c’est tout le contraire : on a le droit à des couverts en plastiques (car les français sont des voleurs, même en première classe ??), et on est censé découper un jambon du pays avec… Moi je n’ai pas réussi, j’ai laissé le jambon dans l’assiette. Même piquer le melon était difficile avec la fourchette en plastique.

En plus, quand on compare les deux images, le repas de droite à l’air meilleur, juste à cause des couverts… c’est psychologique, mais ça marche.

Les boissons

Dans les deux, on a le droit à de l’eau bien sûr (cf. les images d’aperçus en haut) . Par contre, pour une raison qui m’échappe, il n’y a pas de verre dans le TGV, juste l’espèce de récipient pas pratique du tout qui en met la moitié à coté quand on boit (cf. l’image ci-dessous). Dans l’ICE, il y a un beau verre à pied (mais en plastique quand même).

Par contre dans le TGV on a aussi le droit à

Le pain

Les deux donnent du pain. Dans le TGV, le pain est chauffé, ce qui est meilleur que le kaisersemmel ICE à température ambiante. Par contre, TGV n’offre rien à manger avec, alors que ICE nous donne du bon fromage français et du beurre français aussi (alors pourquoi que les français ne nous donnent rien de français ?).

En y repensant, le pain chauffé, c’est bien quand on a du beurre à mettre dessus, et le beurre c’est bien quand on peut l’étaler sur un pain chauffé, ça fond mieux. Ça serait trop demander d’avoir les deux dans le même train ?

En conclusion, je ne suis quand même pas trop impressionné par la luxueuse nourriture de la première classe… ça reste toujours moins bon qu’un sandwich acheté à la gare. Mais je ne renis pas le confort général de la première classe : quand on reste assis 6 heures, c’est agréable d’avoir des sièges plus gros, de la place pour les bagages et moins de gens (donc par conséquent moins de gens chiant, et en général moins d’enfants, la 1ère classe étant surtout pour les vieux et les hommes d’affaires se croyant importants (moi on me reconnait, je suis le seul en jean et T-shirt)).

La Bavière n’est pas en Allemagne: syllogisme du 15 août

Un syllogisme ça ressemble à ça :
Proposition 1: le 15 août n’est pas férié en Allemagne (pays protestant, pour eux Marie n’est pas suffisamment immaculeusement merveilleuse pour mériter qu’on ne travaille pas).
Proposition 2: la Bavière est en Allemagne (géographiquement)
Conclusion: le 15 août n’est pas férié en Bavière.

Et j’ai failli me faire avoir ! Pourtant j’habitais déjà en Bavière l’année dernière où le 15 août était un vendredi, mais justement c’est ça qui m’a induit en erreur.

Histoire 1 : vendredi 15 août 2008

Le 15 août 2008, un vendredi donc, j’avais pris un jour de vacances pour passer un week-end à Baden-Württemberg pour faire la teuf avec des allemands. Comme c’est pas loin de la France l’Alsace, il est courant d’aller faire les courses en Alsace pour faire le plein de fromages et d’essence.

Or une fois sur place, aucun magasin n’était ouvert pour nous offrir les odorants fromages tant convoités. Ben oui, c’était le 15 août, qui est férié en France, vous le savez déjà car je l’ai écrit au-dessus. Mais moi, comme toujours, je n’avais aucune idée de quel jour on était alors, et les allemands étant de Baden ne savaient pas que le 15 août était férié en France (maintenant ils s’en souviennent, héhé). Évidemment, ils m’ont accusé de n’avoir rien dit, mais je me serai bien passé également du voyage d’où on est rentrés bredouilles.

Donc c’est là que j’ai appris que le 15 août n’est pas férié en Allemagne.

Histoire 2 : vendredi 14 août 2009

Un an moins un jour plus tard, des indices troublants m’ont troublé dans mon syllogisme théoriquement irréfutable.

D’abord le matin du vendredi 14 août, j’avais le programme tv dans ma boîte au lettre, mais sans le programme tv !

Troublant…

Sauf que je suis sûr que vous n’avez rien compris.

Ce qui est troublant, ce n’est pas que je reçoive un programme tv sans programme tv. Ça c’est normal, ça arrive parfois. Au lieu de me donner le programme emballé, accompagné des pubs qui vont direct à la poubelle, ils me donnent les pubs, sans emballage non accompagné du programme.

Non, ce qui est troublant, c’est que ça se soit passé un vendredi alors que normalement je reçois le programme (avec ou sans programme… vous me suivez??) le samedi matin (vers 10h14 pour les curieux).

Le second indice troublant, c’est que mon Edeka du coin où je fais mes courses était bondé. Heureusement, depuis quelques temps, je fais les courses weekendiales le vendredi après-midi au lieu du samedi matin ! Ici, on ne plaisante pas avec les jours fériés, tout est fermé, sauf les petits magasins de la gare, où je suis déjà allé pour acheter UNE pomme de terre.

Ensuite j’ai demandé à Google qui m’a confirmé que le 15 août est bien férié en Bavière et en Saarland, et donc, par une logique mathématique qui ne peut pas mentir, j’en déduis que la Bavière n’est pas en Allemagne. D’ailleurs, tous les bavarois le disent, et tous les non-bavarois aussi je crois.

Sinon, pas de grands changements par rapport à un jour normal : les bruits du chantier d’à côté qui me réveillent tous les matins sauf les dimanches et jours fériés ont été remplacés par les bruits des églises catholiques, ce que je trouve injuste car, au choix:
– égoïste : je dormais bien
– altruiste : les autres religions n’ont pas le droit de faire du bruit (ce qui est bien, et devrait être étendu aux églises).

La montagne, c’est pas comme à Paris

Aujourd’hui, il a fait beau et 25 degrés à Munich. Il y a 3 semaines aussi, on a eu un temps comme ça, et je m’étais dit que c’était idéal pour la première randonnée de l’année.

La randonnée prévue commence à Tegernsee (700 mètres d’altitude), monte à 1300 mètres entre Tegernsee (à gauche) et Schliersee (à droite) via Gindelalm (au milieu), puis retourne à Tegernsee. Il est aussi possible d’aller à Schliersee au lieu de revenir à Tegernsee, et de visiter la toute jeune distillerie de Whisky bavarois Slyrs (pas de la bière !!).

Agrandir le plan

Seulement voilà, il y a 3 semaines, à 1300 mètres d’altitude, par une belle journée ensoleillée à 25 degrés, on voyait ça :

(c’est moi)


Jusqu’ici, on a bien rigolé en voyant de la neige. Mais la neige, en nous voyant rigoler s’est fâchée. Un peu plus loin sur le chemin, c’était comme ça :



En fait, je ne suis même pas sûr que là où on marchait sur la neige c’était vraiment le chemin. Par endroit il y avait jusqu’à 50 cm de neiges (jusqu’aux genoux). Plus loin encore, c’était encore pire, alors on a rebroussé chemin. La vue était quand même magnifique.

Moi innocent français de la région parisienne, je m’étais dit que s’il fait 25 degrés, alors il n’y a pas de neige. Ben ça ne marche pas comme ça ! J’ai relu ensuite mon guide de randonnées, il est écrit de ne pas faire les randonnées en montagne avant début juin. Maintenant je sais pourquoi…

Draguer en Allemagne

Il parait que pour nous, Français, c’est très difficile de draguer en Allemagne, car ils sont plus subtils (enfin moi, c’est pas ça qui m’a empêché, mais bon).

Les Wir sind Helden (groupe de rock très populaire ici), ont fait à ce propos une chanson: Aurélie !

Les paroles en français sont ici. En résumé, c’est l’histoire d’une française, Aurélie, qui va à Berlin. La pauvre, personne ne lui déclare sa flamme, alors elle se croit non-aimée. Mais en fait point du tout, c’est juste qu’elle ne remarque pas les signes (trop) subtiles des Allemands.

À ce sujet, quelqu’un que je ne connais pas nous fait part aussi de son expérience personnelle, qui va dans le même sens.

Enfin tout ça, c’est des expériences du côté féminin. Mon analyse à moi, ce serait qu’en Allemagne, ce sont les femmes qui draguent, et les hommes qui restent passifs. La belle vie quoi ! En effet, il m’est arrivé il y a quelques mois la chose suivante :

moi : marchant d’un pas décidé, car c’était l’hiver (je crois), et l’hiver à Munich, c’est pas un hiver de tapète.
deux filles de 14-16 ans qui passaient par là : Mein Herr ! Mein Herr !
moi : regardant tout autour de moi, ben y a personne d’autre, alors c’est moi, alors je m’arrête mais qu’est ce qu’on me veut ?
une fille : achtrtztütztrrrßrtzß (ou quelque chose du genre, je crois que c’était du dialecte bavarois, ou alors c’est juste que j’étais trop une quiche en allemand à l’époque)
moi avec mon meilleur accent allemand, qu’on peut pas faire la différence avec un natif : Ich verstehe nicht.
une fille : Ach ! Sind Sie französisch ?
moi trahi : Ja !
les filles entre elles : Ach ach ! Er ist französisch !
moi : …
les filles ensembles, après un moment d’hésitation pour se rappeler les paroles : Voulez-vous coucher avec moi ? … Ce soir ?
moi, poli : nein, danke ! et je suis parti

C’est ça qu’on appelle subtil ?? Pour me draguer, il faut être plus subtil, par exemple faire semblant de ne pas remarquer mon accent allemand tout pourri, ça me ferait déjà plaisir…

Merci à ceux qui font l’effort.

En France, on brule des voitures, en Hollande, on brule des appartements

En direct, de votre envoyé spécial qui revient justement de Hollande (aujourd’hui, cours d’allemand et de hollandais).

En Hollande, ils parlent une drôle de langue, mais qui ressemble pas mal à un dialecte allemand très prononcé et très rugueux. D’ailleurs, il parait que les dialectes du nord de l’Allemagne sont proches du hollandais.

Par exemple, je demande une bière dont le nom était sympatique: une Goulden Draak (on dirait un nom de viking). Comme ça à chaud, je dirais que ça veut dire quelque chose comme le bâteau doré. Le serveur l’apporte, et dit avec sa belle langue poétique : « rrrourrren rrrrarrrr ». Mon premier reflexe a été de dire que c’était pas pour moi, mais pour l’autre qui était avec moi. Mais lui a fait pareil « tiens, ça doit être pour toi ». Heureusement, c’est écrit dessus.

Le problème en hollandais (i.e. le problème pour parler la langue), c’est que « r » se prononce « r », ce qui est normal ; « h » se prononce « r », ce qui est un peu moins normal, mais on peut le voir comme un h aspiré dénaturé ; mais le « g » se prononce aussi « r », et ça c’est pas normal. Bon mais ça ne m’a pas torturé très longtemps, la bière était bien bonne et bien forte, après au lit et un bon dodo.

À part ça, le hollandais c’est facile à lire si on parle allemand (utile quand les cartes des restos ne sont qu’en hollandais), et il faut dire quand même que les gens parlent bien anglais là-bas, mieux qu’en Allemagne (note : j’ose même pas comparer à la France).

En parlant de bière, il semble aussi qu’il y ait une différence entre « groot » et « gross » (qui veut dire grand en allemand). Une groot bier en Hollande fait parfois 33cL, parfois un demi-litre. En Allemagne (en Bavière en tout cas), on appelle ça « ein Bier » (ou « ein normales Bier » si on veut insister) . Une « gross » Bier, en Allemagne, ça fait un litre et ça s’appelle une Maß (car après, on dort comme une masse (et surtout on fait la queue aux toilettes)), sauf entre fin septembre et début octobre pendant l’Oktoberfest, ou là ça s’appelle une bière la plus petite possible s’il vous plait.

Pour cette histoire de maisons qui brulent, on voit partout en Hollande sur les agences immobilières « verkocht ». C’est pas drôle pour un français, mais c’est drôle pour un allemand, car verkocht vient du verbe verkochen = bruler. Apparemment, en hollandais, verkocht vient du verbe verkopen = vendre (en allemand, verkaufen, c’est proche).

Maintenant, vous savez tout.